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dancefloor de la salsateca la Put@ Madre à Cali

Après avoir assisté aux célébrations de l’Indépendance Colombienne à Popayan (article disponible ici), j’ai repris la route en direction de Cali. Le nom de cette ville évoque essentiellement le cartel éponyme qui régna sans partage sur le trafic de drogue de 1991 à 1995. Aujourd’hui Cali reste la seconde ville du pays en terme de population.
Elle ne figure pas toujours sur les itinéraires touristiques, car elle ne présente que peu d’intérêt. Placée en équilibre sur des plaques sismiques, elle ne possède presque plus aucun bâtiment colonial. Le centre ville bien que très animé ne présente pas  beaucoup d’intérêt… sauf un: la salsa!!!
Et c’est justement cette salsa qui m’a amené sur place. Cali est réputée dans tout le pays, et même en dehors des frontières colombiennes, pour être la Mecque de cette danse dont le secret repose dans le déhanché.
J’arrive sur place un samedi matin. C’est le meilleur jour pour sortir faire la fiesta, mais je déteste sortir seul. Je prends la température dans l’hostel où je suis, mais je comprends rapidement que je ne suis pas dans le même esprit que les voyageurs que je rencontre sur place. Je me motive pour aller faire un tour dans la vieille ville et je me donne comme objectif un hostel qu’un ami voyageur m’avait recommandé: Tostaki. Les plus attentifs d’entre vous aurons évidemment reconnu le nom d’une célèbre chanson de Noir Désir, mon groupe de rock français de prédilection.
l’hotel Tostaki: il fallait au moins que j’aille jusqu’à Cali pour trouver ça

J’arrive sur place en fin d’après midi. Sur la terrasse 4 personnes jouent aux cartes. La conversation s’engage avec l’un d’eux qui a un espagnol impeccable, mais dont le léger accent me rappelle quelque chose… Marseille bien sûr. Et péchère bien sûr qu’il vient du Sud, con. On sympathise rapidement et on décide de se retrouver le soir pour aller assister à une session de salsa en plein air. Toutes les semaines, les habitants d’un quartier de la ville se réunissent et sortent de grosses enceintes dans la rue. Qui veut peut alors danser. Après avoir galéré pour trouver le lieu du rassemblement, nous nous mettons lentement dans l’ambiance en regardant des couples se déhancher sur des rythmes latinos entrainant, le tout en pleine rue. Arrivés à 21h30, Philippe, le Marseillais qui m’accompagne me propose de retrouver des amies colombiennes à lui dans une des salsatecas de la ville. Une salsatecas, c’est une discothèque qui ne diffuse que de la musique latino et où l’on va pour danser (et pas uniquement picoler et essayer de chopper des meufs comme dans beaucoup d’autres pays…).
A Cali comme dans la plupart des villes colombiennes, les discothèques sont situées en dehors de la ville. La raison est une interdiction pour les établissements dans le centre ville de fermer après 1 heure du matin, et ce pour des raison de sécurité. Nous sautons dans un taxi direction Juanchito, le quartier qui bouge. Alors que nous franchissons l’entrée, j’ai la confirmation immédiate que nous sommes au bon endroit: après avoir roulé pendant une dizaine de minutes le long d’une avenue sombre, les alentours s’animent soudain: sur les bords de la route, les boutes de nuit se succèdent. Les taxis s’alignent à l’entrée et déversent des jeunes gens sur leur 31 prêts à bouger leur boddy sur les derniers rythmes Meringué, Salsa ou Raggaeton.
les frenchies qui se préparent à briller sur le dancefloor du club la Put@ Madre

Le nom du club que nous recherchons est facile à retenir: La Put@ Madre (je laisse les non hispanophones d’entre vous faire un google translate). Nous retrouvons sur place trois charmantes colombiennes. lorsqu’elles découvrent que je veux apprendre à danser, l’une se dévoue pour me donner des cours particuliers.
inutile de préciser que la boisson locale, c’est le rhum…

Nous rentrons dans le club, qui est fait d’une grande piste de danse ovale entourée de tables. Pas de fioriture ici, les gens sont là pour danser, et non seulement ils dansent mais en plus ils dansent bien. Je commence mes cours particuliers de salsa. Unos Dos, Unos Dos… elle est marrante, mais danser la salsa pour un français ce n’est pas aussi facile que de compter jusqu’à 2. Le moins que je puisse dire c’est que ma prof est tenace; bien que je lui marche sur les pieds à de nombreuses reprises, elle ne perd pas son enthousiasme: unos, dos – unis, dos. Alors que j’ai l’impression de commencer à faire des progrès, je tourne la tête et regarde autour de moi: le choc. Non seulement nous sommes avec Philippe, les deux seuls étrangers de la boite, mais surtout, nous sommes les deux qui avons l’air ridicules. Toutes les personnes sur la piste sans aucune exception sont d’excellents danseurs.
la patiente Angelica, qui s’improvisera ma professeur de salsa pour la soirée

Je me sens ridicule, mais les Colombiens me mettent tous à l’aise. Ils y vont tous d’un sourire, d’un encouragement. De temps à autre, un jeune colombien vient offrir une danse à ma tutrice pour éviter qu’elle ne fasse une crise de nerf; pendant ce temps là, je vais me reposer et m’hydrater à coup de Rhum Medellin, en souhaitant que la liqueur locale m’aide à attraper le rythme.
A 5h30 du matin, mes performances sont toujours aussi lamentables, mais les vapeurs d’alcool qui me montent à la tête me font oublier l’embarras de mon manque de tempo. Je m’amuse comme un fou et je suis porté par l’incroyable énergie qui se dégage de l’endroit. Tout le monde s’amuse, l’ambiance est excellente et la danse permet à tout le monde de communier autour d’une passion commune.
6:00: chorizo y pan, what else?

A 6h00, alors que les portes ferment, nous avalons des hot dog avant de reprendre un taxi vers le centre pour une nuit de sommeil bien méritée.
Je suis venu à Cali pour apprendre la Salsa; je repars aussi mauvais danseur que je suis arrivé, mais j’ai passé une superbe soirée. J’ai aussi quelques certitudes de plus: les Colombiens sont des gens absolument charmants, la fiesta en Colombie ne peut pas être décrite si elle n’a pas été expérimentée, et enfin… une confirmation: j’ai définitivement pas le rythme dans la peau 🙁
Et vlan les photos:

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9 Comments

  1. Sois pas si dur avec toi meme, on a tous un certain rythme dans la peau, seulement c’est chacun le sien 😉
    Tango, Salsa, Meringue… tu vas finir par devenir expert en danse latine!

  2. Deux autres petits détails de cette soirée qui valent la peine d’être mentionés,dans cet établissement de nuit le prix canon de la bouteilles de l’excelent Ron Caldas 45000 Pesitos !!(soit 20€), et l’amabilité du chauffeur de taxi qui en début de soirée nous avait jeter bien assez loin d’où se dérouler l’évenement et qui était reparti à notre recherche pour nous déposer(gratis) au bon endroit lorsqu’il avait réalisé qu’il nous avait déposé en galère…TAN BACANO!!

    1. @Filou: merci pour ce rappel des faits que j’avais effectivement oublié de mentionner

  3. Génial ….ça me rappel certaines choses !
    Au fait : “con” en Marseillais veut dire “virgule” dans une conversation. 🙂
    Pour la dance : pas mieux !
    @ +

  4. que bien que te hayas llevado esa buena imagen de los caleños…muchas gracias por visitarnos.

    1. @angelicas: fue un placer conocerte. Gracias por su paciencia al tratar de enseñarme salsa. No he sido tan bueno como yo hubiera deseado, pero me voy a mejorar. Espero que mi maestro siempre estará ahí 🙂

  5. Héhé, comme ils disent à Cali, nous les blancs, on danse comme des gringos 😉
    Moi, j’ai vraiment pris des cours de salsa et voici mon expérience : http://capitaineremi.com/salsa-calena-apprendre-a-danser-a-cali-957/

  6. Remi si t’es tjs ds le coin, moi j’ten lance un autre de défi…
    En tant que Capitaine tu te dois de naviguer sur le Lago Calima!
    C’est à 2 heures de route, fais moi signe si tu passes par là

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