Le lendemain comme prévu, nous voici partis pour 5 heures de bus. Nous découvrons vite que l’Est de la Birmanie n’est pas Bagan ou le lac Inle. Après avoir parcouru 15 kilomètres, nous passons un premier checkpoint. Ca sera le premier d’une longue série. A chaque fois, le chauffeur du bus descend et donne une montagne de papiers à chacun des officiers.

Sur les fenêtres des baraques, le nom de chacun des services : le premier bureau il s’agit de l’immigration: pourquoi pas, la zone étant restreinte aux touristes, je peux comprendre. La seconde c’est la police: ca aussi ca ne me surprend pas. La troisième, c’est la protection de l’enfance et enfin la quatrième, plus fun c’est l’office national des eaux et forêts. Peut être au cas où je prenne l’idée de partir avec un arbre sur mon épaule…

A chacun des checkpoints c’est pas moins de 5 feuilles de papiers avec mon nom, prénom, date de naissance, photo, nom de mon père et j’en passe qu’il faut fournir. A de rares endroits, un soldat monte dans le bus pour regarder nos têtes et vérifier que personne ne s’est caché à l’arrière. Mais la plupart du temps c’est plus une formalité qu’autre chose : les officiers ouvrent un œil alors que le chauffeur les tire de leur sieste, puis ils se rendorment aussitôt.

Après 5 checkpoints et 5 heures de route, nous finissons par arriver à Kengtung. La route devient magnifique sur les 50 derniers kilomètres avec des paysages typiques du triangle d’or : de belles montagnes très boisées, couvertes par endroits de rizières en terrasses. Les systèmes d’irrigation utilisés sont ancestraux mais efficaces. Un réseau de tuyaux en bambou qui amène l’eau de rizière en rizière.

Lors de notre entrée dans la ville de Kengtung, énorme surprise : deux camions remplis de villageois et entourés par des militaires nous doublent. On se doute de ce que c’est mais Tumtum vient vite nous le confirmer, lorsque stressé il me voit essayer de discrètement filmer la scène. Ce sont des travailleurs forcés. J’avais lu à ce sujet, mais les découvrir en face de moi rend les choses d’un coup plus réelles… Ici contrairement aux zones touristiques du pays, les autorités ne prennent que peu de précautions, les touristes étant extrêmement peu nombreux, et très entourés.
Nous finissons par arriver à notre hôtel. Mais à peine les sacs posés, il faut immédiatement que notre guide aille informer le bureau d’immigration locale que nous sommes là. Pas le temps de prendre un thé, il file amener nos fiches d’identification.

Ce rituel, nous finirons par nous y habituer car nous devrons nous y plier quotidiennement, matin et soir. Nous devons déclarer la veille notre programme du lendemain et notre itinéraire détaillé. Nous devons également fournir les numéros des plaques d’immatriculation de la voiture que nous utiliserons pour nous rapprocher des zones de treks ainsi que le nom de notre chauffeur. Le matin du trek, nous devons aller récupérer les permissions, des feuilles de papier en multiples exemplaires à fournir à chacun des checkpoints sur la route. Enfin le soir, nous devons être revenu avant 17h00 et aller pointer au bureau de l’immigration à nouveau, pour s’assurer que nous avons bien respecté notre programme.

C’est la première fois de ma vie que je me sens en liberté surveillée. Pas le choix de toute façon, donc on se plie aux règles du jeu. Le premier soir, je demande à Tumtum de l’accompagner au bureau de l’immigration. Il accepte et en arrivant sur place, je comprends lentement pourquoi on nous a forcé à venir avec un guide local. C’est en fait tout bête, plutôt que de faire le sale boulot eux-mêmes, les autorités transfèrent la responsabilité à « un guide » qui est en charge de nous. En charge de nous ne veut pas dire nous montrer le chemin. Tumtum, bien qu’il soit charmant en serait de toute façon incapable, il n’est venu à Kengtung qu’une seule fois. En charge de nous veut dire s’assurer que nous restons de sages touristes disciplinés et que nous ne posions pas trop de questions sur ce que nous voyons. Pourquoi ferait-il ce travail d’une manière irréprochable? Tout simplement parce que la pression n’est en fait pas sur nos épaules mais sur les siennes. Si nous déconnons c’est lui qui prend. Et le passage dans le bureau de l’immigration me le fait bien comprendre. Il est en première ligne, quoi qu’il arrive.

Ce que je comprends aussi au fur et à mesure que les jours passent, c’est que Tumtum a accepté de nous servir de guide pour se faire un peu d’argent, mais surtout parce qu’il aime rester avec des étrangers, pour pratiquer son anglais et pour parler plus ouvertement. Mais accepté ce job, c’est aussi un peu pour lui le salaire de la peur, car il a vite compris que nous connaissions bien le pays et nous intéressions beaucoup à la politique. Il a aussi rapidement compris que nous prenions beaucoup de photos et parfois des vidéos à nos moments perdus.

Au troisième jour que nous sommes à Kengtung un événement inattendu vient bouleverser le train train. Le matin en prenant mon petit déjeuner, je trouve un Tumtum nerveux. Etant jeune et un tantinet bavard, je n’ai pas besoin d’insister beaucoup pour qu’il m’avoue ce qui le perturbe. Il a reçu un coup de téléphone la veille ; un coup de téléphone qui l’inquiète beaucoup. Je lui tire les vers du nez et il finit par me dire que c’est le bureau des investigations birmanes qui l’a appelé. Je ne sais pas trop ce qu’est ce bureau mais je comprends que c’est eux qui mènent les enquêtes sur les opposants politiques et les journalistes. Ils l’ont apparemment questionné pendant une vingtaine de minutes sur moi et mon acolyte. Les questions semblaient précises : pourquoi sommes-nous venus ici ? quelles questions posons-nous aux villageois lorsque nous les rencontrons ? leurs donnons nous quelques choses lorsque nous sommes dans les villages ? sommes-nous mariés? De quoi parlons-nous avec lui ?

En discutant avec Tumtum, je m’aperçois qu’il ne s’attendait pas à ce coup de téléphone. Il me dit que c’est la première fois que ca lui arrive, et il est inquiet. J’essaie de le rassurer en lui expliquant qu’il n’a pas à s’en faire et que nous sommes simplement venus pour treker. Que nous ne sommes pas journalistes et que nous savons bien que la pression sur ses épaules est importante. Je me rends aussi compte que la pression sur nos épaules l’est tout autant, mais pour une raison qui m’échappe, je ne suis pas stressé et Marion non plus.
Cette pression retombera lentement, mais cet évènement viendra renforcer cette idée de salaire de la peur. A tout moment la situation semble pouvoir basculer pour lui comme pour nous.
Mais assez parler des difficultés pour se rendre sur place, parlons maintenant de ce qui nous a amené la bas : les tribus qui vivent dans les montagnes reculées de l’est de la Birmanie.

L’intérêt de venir en Birmanie pour rencontrer ces tribus repose dans le fait que la plupart des villages tribaux là bas sont quasiment vierges de toute présence touristique (je pense que vous avez compris pourquoi plus haut). Le pays ayant été fermé hermétiquement jusque dans les années 2000 et les programmes de développement étant quasi inexistants, leur mode de vie est resté extrêmement traditionnel et n’a pratiquement pas évolué depuis des siècles, y compris du point de vue religieux. Il est ainsi toujours possible de trouver des villages animistes, chose qui a complètement disparu chez ses voisins.
Mais si partir à la rencontre de ces peuplades est plus intéressant en Birmanie, c’est surtout parce qu’aucune utilisation touristique de ces tribus primitives n’a été faites pour l’instant. Impossible d’effectuer des tours organisés comme en Thaïlande, ou des routes bitumées permettent aux touristes d’arriver directement sur place avec leur appareil photo autour du cou. Après avoir pris trois photos de femmes girafes amenées là pour l’occasion, dans une réplique préfabriquée d’un village (et décrit par un récent rapport de l’ONU comme « un zoo humain »), les GM (Gentils Membres cf la célèbre appellation des clients du Club Méditerranée) sont dirigés vers la boutique de souvenirs, où ils peuvent acheter de soi-disant articles de l’artisanat local.

Coté birman rien de comparable. Pour accéder aux villages, il faut plusieurs heures de marche. Aucun tour operateur ne propose cette « activité » à son « menu », tout simplement parce qu’il n’y a pas de tour opérateur dans le coin, et c’est par soi même qu’il faut organiser cette aventure. Pas forcément facile et c’est tant mieux pour moi. La récompense c’est un contact beaucoup plus authentique et intense avec les autochtones qui sont aussi surpris et curieux de rencontrer des « étrangers » en train de traverser leur village que ce que nous le sommes en les voyant travailler dans les rizières vêtus de leur costume traditionnel.

Les relations ne sont pas faussées. Nous allons chez ces gens, et ils sont accueillants car c’est leur façon d’être. Ils ne se forcent en rien et n’ont rien à nous vendre. Les portes des maisons s’ouvrent naturellement lorsque nous arrivons et dans chacun des villages, nous sommes systématiquement invités chez l’un des habitants. Evidemment les conversations sont limitées du fait des barrières de langage. Les deux guides avec nous ne sont pas d’une grande aide. Ils sont extrêmement condescendants envers leurs compatriotes, et ne cesse de nous répéter que se sont des gens sous développés. Curieux mais c’est ainsi…

Heureusement nous relativisons ce qu’ils nous racontent et tentons avec nos propres moyens de briser la glace et d’établir le contact avec ces gens. Les cinq phrases de Birman que je connais ne servent à rien car ces gens ne parlent que leur propre dialecte, différent d’une tribu à l’autre. Il faut donc faire preuve d’imagination, et c’est avec mon appareil photo que je parviens le plus souvent à établir les premiers liens. Les visages sont souvent un peu fermés lorsque nous arrivons, mais lorsque je montre aux enfants leur visage sur l’écran LCD de mon appareil, les sourires se apparaissent rapidement . La plupart n’ont jamais vu leur photo et sont très excités.
Une fois les sourires des enfants obtenus, les adultes suivent naturellement.

En parallèle à ma technique photographique, j’ai la chance d’être accompagnée de Marion qui a des talents multiples, dont celui de particulièrement bien dessiner. Elle se promène toujours avec un cahier de croquis et fait le portrait dans chacun des villages que nous traversons du doyen ou du notable que nous rencontrons. C’est un succès garanti, tout âge confondu. Evidemment cela prend plus de temps  que la technique appareil photo numérique, mais l’effet est de plus longue durée. Le groupe que nous formons marche du tonnerre : nous sommes à nous deux les deux effets KissKool du triangle d’or birman 😉
Nous échangeons des sourires et faisons rire les enfants avec des grimaces qu’ils finissent en général par nous rendre. Dans un village Eng, où les conditions de vie et d’hygiène sont des plus rudimentaires, un gamin finit par se jeter dans mes bras en rigolant. Comme je le répète souvent (trop ?) dans mes posts, ici plus qu’ailleurs, c’est de l’humanité que nous échangeons avec ces gens. Tout nous sépare, et pourtant quelque chose de plus fort nous rapproche. Un sourire, un contact transcendent toutes nos différences.
Dans un autre village animiste, nous sommes présentés au chaman. Son statut en fait l’une des personnes les plus importantes du village et sa physionomie ne fait que renforcer cette supériorité. Il est étonnement grand pour un asiatique, les traits du visage très fins, presque féminins et dégage une grande présence. Dans sa maison qu’il nous laisse visiter, des grigris, têtes d’animaux, et herbes magiques sont accrochés aux murs et au plafond. Dans un recoin de sa cabane, un grand tambour croule sous la poussière. Il nous explique que c’est pour invoquer les esprits ; il ne s’en sert qu’une fois par an, pour les appeler et leur faire des offrandes pour les remercier de leur protection.

Le village suivant est bouddhiste. Nous nous rendons compte à quel point la religion influe sur le développement des gens. L’hygiène et les conditions de vie dans les villages convertis aux monothéismes (christianisme ou bouddhisme) sont bien meilleures que celles dans les villages animistes. J’ai beau chercher, rien d’autre que les différences religieuses ne peuvent expliquer ces différences si fortes entre ces tribus séparées de quelques kilomètres. La conversion religieuse améliore donc notablement les conditions de vie de ces gens, mais ne détruit-elle pas au passage insidieusement leur culture ? Difficile de répondre à cette question, et au final que vaut-il mieux ?

Cette fois-ci une grand mère chef de famille nous accueille. Elle porte autour de la taille la fameuse ceinture en argent Eng. Elle ne la quitte jamais, ni pour aller aux champs ni même pour dormir. Cette ceinture représente en générale la majeure partie des richesses de la famille.
En plus du charisme extraordinaire de cette femme, le fait qu’elle soit albinos renforce encore d’avantage sa personnalité. Nous ne parlons que peu avec elle, mais échangeons des regards complices et amusés. Lorsque Marion lui présente le portrait qu’elle a fait d’elle, elle se met spontanément à applaudir et à nous remercier. Une fois de plus c’est de l’humanité qui passe entre nous et que nous emportons en partant.
Dans le dernier village, c’est à la rencontre des Akhas que nous partons. Les Akhas sont surement la tribu la plus connue qui vit dans cette région. Les femmes Akhas portent cette coiffe en argent si particulière, qu’elles non plus ne quittent jamais, ni pour travailler ni pour aller aux champs, ni pour dormir. A nouveau, la grande partie des richesses de la famille se trouve sur cette coiffe. A notre arrivée, nos sommes invités dans une famille ou une mamy nous montre fièrement son costume. Sur son couvre chef, des énormes pièces de monnaie brodées attirent mon attention. Il s’agit de francs d’Indochine française avec une Marianne gravée au dos datée de 1901. Une fois encore, le duo photo / dessin fait son effet. La plus jeune des femmes Akhas comprend quelques mots de Birman ce qui facilite un peu les choses. Après nous avoir offert le thé, la grand mère retire sa coiffe et insiste pour que Marion l’enfile. Amusante scène au fin fond de la campagne birmane : une normande se métamorphose soudain en Akhas ;  certes la crédibilité en Akhas laisse à désirer, mais c’est amusant et imprévu…
Durant trois jours, nous passons de village en village et de tribus en tribus. Notre chemin croise celui des Akhas, des Palangs, des Engs, des Was…
Les conditions de vie sont extrêmement difficiles, pourtant on nous offre partout hospitalité et thé. Partout nous arrivons à échanger des sourires et des émotions avec ces gens simples et généreux.
Pour la première fois depuis que j’ai quitté la France, il y a onze mois maintenant, j’ai la sensation persistante d’être au bout du monde, loin, très loin de tout ce que je connais. Je me promène au milieu de ce village animiste, je passe à coté de la cabane qui sert de lieu de culte. A l’intérieur, j’aperçois des restes d’offrandes, tandis que le vent fait claquer les drapeaux qui flottent au sommet du bâtiment, sans doute pour apaiser les esprits. Des femmes en costumes traditionnels et avec leurs enfants accrochés dans le dos me regardent étonnées mais souriantes, tandis qu’au loin deux hommes reviennent des champs suivi par leur buffle qui traine derrière lui une vieille charrue en bois hors d’âge. Les yeux de la plupart des enfants qui m’entourent ont cette couleur jaune typique de ceux qui ont déjà eu plusieurs fois le palu.
J’ai pour la première fois depuis que j’ai quitté la France il y a onze mois, la sensation persistante d’être au bout du monde, loin si loin de tout ce que je connais. Loin pas géographiquement, non, loin dans ma découverte du monde et des gens qui le composent.
Pourtant et une fois encore, je me rends compte qu’au delà de leurs croyances, au delà de leurs costumes, au delà de leur mode de vie, au delà de la misère dans laquelle ils vivent, ici comme partout ailleurs j’ai réussi à rire avec ces gens. Nous ne partageons rien en commun, mais une fois de plus cette humanité que nous avons tous en nous nous a permis de transcender bien rapidement nos différences… si mineures au fond.
Alors que je m’éloigne, je regarde trois enfants jouer tout nus dans la boue au milieu des cochons. Le petit en face de moi est celui qui s’est jeté dans mes bras un peu plus tôt, et je me pose cette question étrange en le regardant:

« Qu’arriverait-il si demain il se réveillait soudainement dans le confort parisien. Quelle personne deviendrait-il, mais surtout serait-il plus heureux ? »

Et waaahou, un pêle-mêle photo

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Et parce que je n’en fini pas de vous gâter et d’essayer de vous faire partager mes rencontres, la video de cette incroyable aventure. Enjoy 😉

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11 Comments

  1. […] en face des bûchés dont il avait la charge. Ou encore cette rencontre avec un chaman animiste de la tribu Eng, dans l’Est de la Birmanie, qui a demandé aux esprits qu’il vénère de me suivre et de me protéger durant mon […]

  2. […] avec laquelle j’étais allé rencontrer les tribus reculées de l’Est de la Birmanie (petit flashback avec cet article). Elle voyagera avec moi pendant quelques mois le temps de parcourir le Chili, l’Argentine et […]

  3. […] avec laquelle j’étais allé rencontrer les tribus reculées de l’Est de la Birmanie (petit flashback avec cet article). Elle voyagera avec moi pendant quelques mois le temps de parcourir le Chili, l’Argentine et […]

  4. Salut !
    J’ai bien aprecie ton article sur l’Est Birman. Est ce que tu pourrais me donner plus d’infos sur les coins ou tu est alle, et si il y a possibilites d’aller encore plus profond.
    Je voyage, comme toi, pour trouver un vrai contact humain, je reviens recemment de Papousaie Occidentale, Irian Jaya, ou j’ai eu la chace de trekker 16jours dans des tribus ou les hommes vivent encore nus (point cliche mais pour te donner une idee), et ou l’humanitee trouver a ete la plus forte de tout mes voyages ! Direction l’Asie maintenant, meme objectif, trek a la rencontre des vrais hommes de notre monde. Si tu peut me filler un petit coup de pouce…?! Et si tu as des idees du genre vers l’Inde, ou autre, ou Mongolie. En te remerciant ! Bonne continuation
    La paix
    (rep par mail aure65@live.fr)

    1. @Aurelien: Merci de me lire et heureux que mon blog te plaise et t’inspire pour tes futurs voyages. Tu as ma réponse et les informations que tu me demandes dans ta boit email. N’hésites pas si tu as d’autres questions

  5. Bonjour,
    La réponse que tu as fait à Aurelien m’intéresse aussi. Peux-tu me la faire suivre.
    Jean-Marc

  6. Bonjour,
    La réponse que tu as fait à Aurelien m’intéresse aussi. Peux-tu me la faire suivre.
    Jean-Marc

    1. @Jean Marc: tu as raison, étant donnée que cette réponse peut intéresser d’autres personnes, voici un copier/coller de ma réponse.
      N’hésites pas à me revenir si tu as d’autres questions.
      Anto
      ————————————————————————————————————————————–
      Hello,
      Merci de me lire et heureux que mon blog te plaise et t’inspire pour tes futurs voyages. Par rapport a tes questions:
      Est Birman: je suis entre en Birmanie depuis le Nord de la Thailande, au poste frontière Mai Sai/Tatchilek. Il ne faut pas de visa
      pour entrer ici, par contre il faut que tu obtiennes des autorisations de l’agence birmane de tourisme. C’est une officine officielle,
      qui soit disant promeut le tourisme dans le pays. Dans les faits, elle est la pour contrôler les faits et gestes des étrangers et s’assurer qu’ils ne vont pas en zones sensibles. Les autorisantions se negocient en direct a la frontiere ou l’agence a une representation. Ils t’obligeront a etre accompagne d’un “guide” qui te suivra partout et t’escortera sur place dans la region. De guide il n’a que le nom, et c’est simplement un local qui s’assure que tu n’es pas journaliste, et qui sert d’intermediaire entre toi et les autorites militaires du coin. Lorsque j’etais sur place il voulait me fournir le guide eux meme mais j’ai refuse et je suis entre dans la ville de Tatchilek (ou tu n’as pas besoin d’autorisation ni de visa pour aller, c’est une sorte de free zone en territoire birman ou les Thais vont faire leurs achats). De la en cherchant j’avais fini par trouver un chauffeur de taxi moto qui avait les autorisations pour servir de guide. Cela presentait deux avantages.
      1/Il etait jeune et ne faisait pas trop de langue de bois avec nous
      2/ nous avons pu discuter le prix de sa prestation (pour 5 jours, 160 dollars si je ne rappel bien partager entre deux voyageurs et incluant ses frais d’hébergement et de bouffe)
      Une fois que tu as ton guide, tu fais etablir un passe au bureau de frontiere et ils te delivrent du meme cout des autorisations pour pouvoir passer les checkpoint militaires sur la route (il y en a une bonne dizaine). Tu dois paye un droit d’entre qui n’a pas de tarif fixe et que nous avons negotie (50 dollars de tete / personne). Tu laisses alors ton passport a la frontiere et en echange il te remettent une petite carte te permetant de circuler uniquement dans la region Tatchilek/Kengtung, la seule autorisee aux etrangers dans l’Est. Les demarches nous ont pris un jour complet et nous nous y sommes bien pris car nous savions quoi faire. Cela peut etre plus chronophage et les autorites essaient de te decourager d’aller sur place en trouvant toutes sorte de complications imaginaires. Il suffit que tu insistes et que tu sois patient, et tu y arriveras.
      Une fois tous les papiers en main, tu sautes dans un bus en direction de Kengtung avec ton “guide”. A Kengtung il n’y a que trois ou quatre hotels qui sont autorises a recevoir des touristes etrangers. Moi j’etais aller a Harry’s Trekking House (a l’epoque Harry, un guide du coin etait recommande sur les forum internet). Probleme Harry est mort et depuis c’est sa femme qui fait tourner le truc et c’est…. plus bien du tout.
      Il y a un autre hotel (regarde sur internet ou peut etre sur le Lonely Planet je ne me soiuviens plus du nom), qui se trouve en plein centre de Kengtung et qui est beaucoup mieux. Ils t’organiseront des treks dans la region. Pour se faire tu as besoin d’un autre guide (un vrai guide cette fois-ci) que ton hotel pourra t’aider a trouver. Il n’y en a qu’une poignee qui travaillent a Kengtung donc quel que soit ton hotel, tu seras redirige vers les memes. Le mieux est d’en trouevr un qui parle au moins un dialecte des tribus (ou plus) afin de pouvoir communiquer avec les gens. Kengtung etant soumis a couvre feu, tu ne peux pas rester dans les villages les soirs et tu es oblige chaque jour de revenir a ton hotel et d’aller te declarer matin et soir a la police pour prouver que tu es bien revenu et declare ce que tu compte faire de ta journee. Chaque jour aussi ton guide “officiel” devra faire des papiers pour te permettre de franchir les check points pour te rendre vers ces villages.
      Deroulement de la journee: tu pars le matin en voiture, il te deposent a environ 15 km de la ville. De la tu empruntent des sentiers qui sont le seul moyen de se rendre dans les villages. Tu marches entre 2 et 3 heures vers les villages. Sur place tu as des Akhas, des Engs, des Palongs, c’est tres varie. Tu es loin de tout, ils vivent sans eau sans electricite, ne parlent rien d’autre que leur dialecte et n’ecrivent pas. Ils sont gentils et accueillants, mais la communication etant difficile, je te conseille de trouver quelque chose pour enclencher la “discussion” avec eux. Moi je voyageais a l’epoque avec une amie tres bonne dessinatrice. Nous allions sur place avec du papier et des crayons et elle faisait des croquis des gens et leur montrait le resultat. Ca permettait de faire fondre la glace, et de briser le cote “expedition scientifique” ou pire “zoo humain” que cela peut avoir autrement. Avec ton experience de ce type de voyage, je suis sur que tu dois avoir tes propres techniques.
      Les conditions de vie dans ces villages sont extremement rudimentaires, mais les gens que tu rencontrent sont tres digne et vivent dans une sorte de monde parallele, archaique et loin de tout contact avec la ville. C’est une experience superbe et sans aucun doute la plus depaysante et la plus enrichissante que j’ai faite durant mes deux ans de voyage. Tu es loin, tres loin et les difficultes pour arriver sur place sont tres vite recompensees.
      Une autre option existe: entrer en Birmanie par avion (a Rangoon). Pour cela tu as besoin d’un visa qui est tres facile a obtenir. De Rangoon tu prends un vol interieur vers Tatchilek (qui a un aeroport). Tu ne peux pas y aller en bus car une grande region de l’Est est interdite aux etrangers (en gros de l’est du lac Inle jusqu’a Kengtung). Une fois a l’aeroport de Tatchilek, tu prends un bus en direction de Kengtung. Quelle difference par rapport a la solution 1 me diras-tu? Et bien vu que tu auras un visa, tu pourras a priori eviter d’avoir un guide officiel qui t’escorte. J’insiste sur le a priori, car je n’ai pas utilise cette technique, mais j’ai rencontre des voyageurs qui avaient fait cela. Le guide et les permis de police necessaires a Kengtung restent par contre les meme. Pour repartir tu es oblige de reprendre un vol car si tu entres par les airs tu dois ressortir par les airs de Birmanie.
      Pour ce qui est d’autres treks en Asie. L’Inde je l’ai faite a moto, j’ai donc ete dans des endroits tres beaux et extremement recules, mais je ne sais pas si cela se pretent vraiment au trek (entre autre au Rajasthan, ou en dehors des villes touristique, cet etat, qui est le plus pauvres d’Inde, recele de nombreux tresors caches). A Borneo, j’ai aussi fait un superbe trek de 10 jours a la rencontre des Lumbaya, une tribu qui vit repartit entre la frontiere Malaisienne et Indonesienne, au centre de l’ile. C’etait aussi tres fort comme rencontre puis la encore ils vivent assez isoles du monde, en pleine jungle. Le decalage reste moins important qu’en Birmanie, mais le trek en lui meme est splendide, les paysages tres beaux, et les rencontres que tu fais interessantes. En plus des Lumbayans, dans la regions de Bago, tu as aussi d’autre tribu l’une de chasseurs nomades qui s’appel les Penan. Je n’y suis pas alle moi meme pour cause de glissements de terrain et de tres haut niveau d’eau lorsque j’y etais, mais il parait que c’est tres interessant aussi. Une remarque par rapport au trek a Borneo: aucun souci administratif ni politique la bas, par contre la marche dans la jungle est epuisante. Tu sembles avoir beaucoup d’experience, mais j’insiste sur ce point car la nature est vraiment hautement hostiles. Tu n’as pas partout des sentiers de randonnees et tu suis des locaux qui t’ouvrent la voie a la machette. La chaleur, l’huminidite et les insectes omnipresents ne facilitent pas la tache. Autre point important si tu decides d’aller dans cette region de Borneo, le palu et la fievre jaune (j’en ai fait l’experience) sont la bas une realite, donc un traitement preventif est primordiale. Si tu veux plus d’info sur ce trek, tu peux regarder mon blog
      http://www.lespassengers.com/?p=2446
      http://www.lespassengers.com/?p=2328
      http://www.lespassengers.com/?p=2319
      http://www.lespassengers.com/?p=2308
      et tu peux evidemment me recontacter, je te donnerai plus de tuyaux sur comment organiser cela.
      A plus et n’hesites pas a me recontacter.
      Anto

  7. […] Palace est une expérience bien différente des expéditions dans la jungle de Bornéo, ou des treks à la rencontre de tribus birmanes reculées, mais hormis la jungle urbaine, il n’y a pas beaucoup d’endroits où partir en […]

  8. […] Palace est une expérience bien différente des expéditions dans la jungle de Bornéo, ou des treks à la rencontre de tribus birmanes reculées, mais hormis la jungle urbaine, il n’y a pas beaucoup d’endroits où partir en […]

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