Mur de l'un des temples à Chichen Itza
Mur de l’un des temples à Chichen Itza


Vous l’aurez compris à travers mon dernier article, je ne m’éternise pas sur Cancun, et après avoir passé une nuit sur place, je plie bagages et me dirige en direction de la côte pacifique. J’ai prévu en chemin deux haltes pour visiter deux célèbres sites mayas: Chichen Itza et Palenque.

Je ne vais pas me lancer dans une description de ces sites, ni vous expliquer à quelle point ces pyramide millénaires sont impressionnantes. je ne vous parlerai pas non plus des milliers de vendeurs ambulants qui m’ont suivi pendant les deux jours que j’étais sur place, voulant tout me vendre, de la reproduction du masque mortuaire de Chaacal III, à l’ouvre bouteille en forme de serpent à plumes, en passant par des maquettes du sites faites en allumettes. Je ne vais pas non plus vous résumer en un article les 3000 ans pendant lesquels les Mayas ont régné; outre que cela serait ennuyant à mourir, je n’en serai de toute façon pas capable. Plutôt que cela, je vous propose une brève réflexion sur les Mayas, mais surtout sur leur mystérieuse disparition.

jeunes vendeuses de souvenirs à Chichen Itza
jeunes vendeuses de souvenirs à Chichen Itza


La civilisation maya a duré de -2600 av JC jusqu’à son effondrement vers 1200 ap JC. A son apogée, au IXème siècle ap JC, elle s’étend sur une zone englobant l’actuel Yucatan (Sud-Est du Mexique), le Bélize, le Guatemala, ainsi que l’extrême ouest du Honduras et du Salvador. L’empire maya compte plus de 20 millions d’habitants, soit plus que la population actuelle de cette même zone géographique.

Lorsque l’on se promène aujourd’hui à travers les sites de Chichen Itza, Palenque ou Tikal, on ne peut être que séduit par le charme de ces vieilles pyramides à moitié recouvertes par la jungle. En s’asseyant sur les vieilles pierres, on ferme les yeux et s’imagine facilement une civilisation primitive vivant une existence rustique et en harmonie avec la nature. Mais cette image est fausse: la jungle qui entoure les sites aujourd’hui n’était pas présente du temps des Mayas. Elle a recouvert les sites après que ces derniers furent abandonnés par leur habitants. Les Mayas vivaient au contraire dans une civilisation hautement urbanisée. Tikal par exemple était alimentée par des réservoirs artificiels construits afin de subvenir aux besoins en eau d’une ville de plus de 100 000 habitants. On évalue d’après les vestiges que nous avons retrouvés que Chichen Itza comptait 50 000 habitants et au moins autant pour Palenque. De la même manière, les pittoresques chemins de terre à moitié recouverts de mousse et de feuilles et reliant les vestiges des monuments entre eux étaient à l’apogée des Mayas tous pavés.

tour principale du palais royal de Palenque
tour principale du palais royal de Palenque


Mais le plus intéressant est de considérer les environs de ces sites. Quiconque a visité Tikal a été stupéfait par la jungle impénétrable qui s’étend sur des dizaines de kilomètres autour du site, et où mis à part quelques howler monkeys (singes hurleurs), rien ne vient perturber les crissements des insectes. Pas de jungle 1000 ans auparavant, mais des étendues sans fin de champs et de terres agricoles intensivement cultivés pour nourrir la population de l’empire.

Cette clarification faite, penchons nous maintenant sur la disparition des Mayas. L’empire Maya, qui a régné sur une grande partie de l’Amérique Centrale pendant près de 3000 ans s’est effondré en moins de 100 ans. La raison de son effondrement n’est pas encore parfaitement claire, mais de récentes études apportent d’intéressants éléments de réflexion. Elles mettent en relation des recherches archéologiques, environnementales et climatiques, et tentent à prouver que les zones où s’étendaient l’Empire Maya ont été soumises à d’importantes sécheresses lors de son déclin. Ces sécheresses auraient été le fait d’un changement climatique naturel, profondément amplifié par la massive déforestation faite pour développer les villes et la population maya.

vestige d'un temple à Chichen Itza
vestige d’un temple à Chichen Itza


En réduisant significativement les zones de forêt et de jungle et en accroissant leur population, le climat aurait changer d’une manière suffisamment importante et brusque pour ne plus assurer de récoltes suffisantes pour nourrir le peuple. Incapables d’obtenir les faveurs divines malgré leur rôle d’intermédiaires entre les dieux et la population, les rois auraient vu leur pouvoir remis en cause. Des révoltes s’en seraient suivies, entrainant rapidement l’effondrement d’un empire trois fois millénaire.
Je trouvais cette récente étude suffisamment intéressante pour la partager avec vous. Loin de moi l’idée de vouloir faire un parallèles trop rapide entre les Mayas et une quelconque autre civilisation, très développée, très industrialisée, et qui relaie souvent en arrière plan la planète sur laquelle elle vit. Non je ne me lancerai jamais dans un tel parallèle… mais vous êtes libre de le faire.

Et pour vous aider dans votre réflexion, vlan un pêle-mêle photos
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3 Comments

  1. Il y a un livre qui a ete ecrit sur les civilisations perdues faisant un parrallele avec notre Société d aujoudhui – rapport a l economie et l ecologie. Je ne retrouve pas l auteur donc si qq connait…

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