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affiche vue dans un hotel de Quito expliquant les règles de prudence élémentaire dans les bus en Equateur

Après avoir traversé la frontière et passé quelques jours dans le sud de l’Equateur, j’embarque en direction de la côte pacifique. J’avais eu un premier “heads up” sécuritaire à Santiago du Chili, lorsqu’un jeune sauvageon avait essayé sans succès de m’arracher ma chaîne en or dans le métro. Je savais dès mon arrivée sur place que l’Amérique du Sud n’était pas l’Asie et j’avais donc redoublé de prudence, sans pour autant sombrer dans la paranoia.
Depuis que je suis redevenu un piéton comme les autres, voyageant au gré des bus, devenant de fait une victime plus facile pour toutes les variétés de pickpocket; mon niveau de vigilance avait encore augmenté. Malgré ma prudence je savais que le risque zéro n’existait pas, et presque en toute logique, l’inévitable après 8 mois sur ce continent arriva.
C’est au talent kleptomane équatorien que je dois tirer mon chapeau, et dont je reconnais l’art et la technique. Tout c’est passé vite, très vite, si vite même que j’ai pendant un instant douté qu’il s’agisse d’un vol. Mais revenons sur ce 3 juillet où mon attention a flanché.
Après un départ tôt le matin de Cuenca, j’embarque dans le premier des deux bus pour me rendre sur la côte pacifique. Je suis contraint à une pause à Guayaquil. Bien que n’étant pas la capitale, Guayaquil est la ville la plus peuplée d’Equateur. Ne présentant pas beaucoup de centres d’intérêt hormis une réputation sulfureuse, je décide de ne pas m’y arrêter et d’enchainer immédiatement sur ma correspondance pour Puerto Lopez.
A ma monté dans le bus à Cuenca, fidèle à ce qui depuis deux semaines est devenu mon train train, je rassemble toutes mes affaires près de moi. La route de Cuenca à Guayaquil est longue, et à mi-chemin, après quasiment 3 heures de route et être passé de 2500m d’altitude à moins de 500m; la température bondie brusquement de 12 degrés m’encourageant à retirer ma veste polaire. Toujours aussi prudent, je retire les manches et m’assois dessus pour plus de sécurité, et me laisse lentement emporter dans les bras de Morphée.
Deux heures plus tard, j’arrive à Guayaquil où je m’empresse de rassembler mes affaires et de récupérer mon sac à dos en soute. Je prends garde avant de descendre du bus de jeter un coup d’oeil sur mon siège sans rien remarquer. Il est 16h50: je file dans le terminal pour acheter un ticket à destination de Puerto Lopez à bord du bus de 17h00, le dernier de la journée. Au moment de payer, je cherche dans mes poches mon argent, et m’aperçois soudain que j’ai “oublié” ma veste polaire dans lequel il se trouve dans le bus.
Dès cet instant, j’ai un très mauvais pressentiment. Je donne mon sac à garder à Mai, la bolivienne qui continue à m’accompagner dans mes aventures (cliquez ici pour en savoir plus si vous avez raté un épisode), et je me précipite sur le parking. Le bus est toujours là mais ses portes sont fermées et il n’y a pas signe du chauffeur à proximité. Un passant me conseille de m’adresser au comptoir de la compagnie qui se trouve dans le terminal. Je cours dans le terminal, et par un malheureux jeu de chasser croiser, je me rends compte en parlant avec la personne au guichet que le chauffeur est retourné à son bus. Je me remets à courir en sens inverse et finis par le retrouver. Il ne semble pas si surpris de me voir et me laisse retourner vérifier à ma place, la numéro 13, si ma veste est toujours là. Je regarde sur et sous le siège mais pas de miracle, je ne trouve rien.
Enervé, je retourne dans le terminal retrouvé Mai qui a entretemps acheté les billets pour Puerto Lopez. Le bus part 5 minutes plus tard. J’hésite à repousser notre départ, tout en faisant l’inventaire de ce que je viens de perdre avec ma veste:
Dans la première poche j’avais:

  • un portefeuille
  • une carte bleue
  • toutes mes certifications de plongée
  • ma carte de garantie de ma moto périmée depuis 2 ans
  • 60 dollars

Dans l’autre poche:

  • un disque dur de 1Tb sur lequel par un hasard inexplicable j’avais le matin même copié l’intégralité du contenu en locale sur mon laptop.

En conclusion le vol est râlant, j’ai perdu des effets personnels, un peu d’argent et une carte bleue qui 10 minutes plus tard était en opposition. La décision est prise: hors de question de retarder notre départ pour si peu. Nous nous précipitons dans les escaliers et grimpons au troisième étage du terminal pour attraper notre bus. Nous arrivons sur le quai tout essoufflés. Il est 17h10 mais grâce à la ponctualité latino, le car vient tout juste d’arriver et nous embarquons à bord tranquillement.
Alors que je nous sortons de la ville, je regarde par la fenêtre l’extrême pauvreté des quartiers de banlieue que nous traversons. Je comprends que ne pas m’acharner à retrouver ma veste était la bonne décision, oubliée où volée, je ne l’aurais de toute façon jamais retrouvée. Le mystère demeure quand à savoir ce qu’il lui est réellement arrivée:

  • oubliée lors de ma descente du bus précipitée? c’est possible mais j’en doute…
  • volée lorsque je dormais? étonnant sachant que j’étais assis dessus…

Mais au final à quoi bon essayer de comprendre comment cela est arrivé. Après 8 mois en Amérique du Sud, ce vol n’est pas si étonnant. Ma veste polaire North Fake achetée 1 an et demi plus tôt au Népal n’avait de valeur que celle sentimentale d’avoir parcouru la moitié de la planète sur mon dos. Pour les 60 dollars, la carte bleue et le disque dur vide de données, qu’importe, ils passent dans la colone des pertes et profit.
L’affaire est classée et chapeau bas aux petits doigts agiles des voleurs équatoriens ! Sans rancune amigo…

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8 Comments

  1. Ils ont les doigts agiles et les yeux vifs : si tu t’assois sur ta veste, c’est pour la protéger, donc elle est bonne pour le vol.Pas trop dramatique, mais râlant. J’aime bien ton “Sans rancune amigo”.

  2. Il faut voir le côté positive, amigo. Dès maintenant tu appartiens à la communauté équatorienne :o)
    PS. J’ai raté un épisode mais pas de lien pour le retrouver!

  3. Il faut voir le côté positive, amigo. Dès maintenant tu appartiens à la communauté équatorienne :o)
    PS. J’ai raté un épisode mais pas de lien pour le retrouver!

    1. @lapuertaentornada: le lien manquant vient d’être réparé. Merci pour ton commentaire 🙂

  4. Ca c’est fait!

  5. Ca c’est fait!

  6. bonjour
    J’ai lu ton histoire car je pars bientot en équateur. a mon avis il aurait pu t’arriver la même chose en France … Soit t’a oublié ta veste et si on oublie qq chose quelque part maintenant ca disparait vite .. SOit tu dormais… ca arrive un copain s’est fait volé sa CB dans le TGV quand il dormait eh ouiiii

    1. @Parizot: merci pour ton commentaire. Effectivement, cela aurait pu m’arriver à bien d’autres endroits. J’ai raconté cette histoire ici parce qu’elle fait partie de mon voyage, mais pas pour effrayer les futurs backpackers qui vont arpenter le pays. Amuses toi bien sur place!

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