Les iraniens aiment la poésie, et c’est ainsi qu’au XVIème siècle, lorsque le Shah Abbas Ier fit d’Ispahan sa nouvelle capitale, une rime était en vogue à l’époque: Ispahan – Nesf-e Jahan. Soit littéralement : Ispahan est la moitié du monde.


Certes comme tous les orientaux, les Iraniens manquent peut-être de modestie. Mais force est de constater que cette ville est un absolu joyeux. Si je ne dois retenir qu’une seule chose d’Ispahan, c’est la place Naqsh-e Jahan, renommée récemment place de l’Imam. Cette place, tout le monde l’a déjà vu au moins une fois en photo, mais la voir en vrai est exceptionnel. Ce qui surprend d’abord c’est son immensité, mais le plus incroyable se sont les proportions parfaites de tous les bâtiments qui la constituent. Rien n’est de trop, pas même le grand bassin et les jardins qui ont pourtant rajoutés récemment par les Pahlavis.
Cependant Ispahan ne se limite pas à la place de l’Imam. Son bazar est des plus sympathique, les promenades aménagées au bord des berges (le premier qui dit Paris plage sort…) sont superbes ; d’autant que de nombreux ponts, tous plusieurs fois centenaires, viennent ajouter au charme. Les plus connus sont Si-o-Seh (littéralement les pont aux 33 arches) et le pont Khaju.



En plus de permettre de traverser du Nord au Sud de la ville, ils servaient aussi, et servent d’ailleurs toujours à réguler le flux d’eau puisque des minis barrages sont construits dans leur structure même.
Un autre des charmes que j’apprécie tout particulièrement, c’est le Cayadjis qui a survécu sous l’une des arches de Si-O-Seh. Le dernier qu’il reste, mais il est très traditionnel et fréquenté par les locaux.
Le soir où je vais délecter mon thé, 2 hommes se mettent sous l’une des arches et déclament des poèmes en farsi. Qui a dit qu’il en faut beaucoup pour être heureux ?
Evidement et en tant que bon arménien, je fais un passage dans le quartier de Julfa. Julfa est majoritairement peuplé d’Arméniens. Ils vivent ici depuis le XVIIème siècle lorsque Shah Abbas Ier, qui souhaitaient peupler sa nouvelle capitale d’artisans et de commerçants talentueux, les a transférés (de force) de la ville de Jolfa, au Nord du pays, vers Ispahan.
Pour se faire « pardonner » de ce déplacement  forcé, il leur a donnés beaucoup de libertés, entre autre religieuse et les a soutenu dans la construction de « Nor Jolfa ».
Ce quartier est réputé pour l’air de liberté et de décontraction qui y règne. En m’y promenant c’est effectivement un bol d’air frais qu’y m’est offert. Nez au vent je découvre les 13 églises arméniennes qui clairsèment le quartier, mais aussi ces nombreux petits cafés aux noms aussi doux que « Ani », « Shant café »…
Enfin clou du spectacle, la salle de Boddy Building Massis.

Beaucoup de devantures de magasins sont écrites dans les 2 langues : farsi et arménien. Dans la rue, je me retourne aussi à plusieurs reprises car j’entends des compatriotes parler une langue qui ne m’est pas étrangère 😉 . Normal finalement puisqu’on évalue à 7 000 le nombres d’arméniens qui vivent là-bas.
[hop] J’ai aussi la chance d’assister à la messe de Noel (le 6 janvier) dans la cathédrale de Vank. Construite dans les années 1600, son style est singulier puisqu’il mêle les coupoles persanes aux riches enluminures arméniennes.
En me promenant je finis aussi par me faire inviter à déjeuner puis à diner par 2 familles arméniennes du quartier, qui découvrant que je suis venu de France en moto m’invitent spontanément chez eux.

C’est ainsi un Noel loin de chez moi, mais un peu en famille que je passe grâce à la chaleur humaine et l’hospitalité arménienne de Jolfa.

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