J’entre au Texas depuis le Nouveau Mexique. Le décor entre les deux états ne change guère. J’ai fait le choix  d’emprunter des petites routes en quittant Albuquerque (Nouveau Mexique). Les paysages que je traverse sont ruraux, mais les champs qui s’étendent sur des centaine de kilomètres en face de moi présentent une particularité: ce n’est pas du maïs ni du blé qui y poussent, mais de drôles de structures métalliques: des milliers de derricks qui s’étendent à perte de vue.

Le long des routes, des kilomètres de pipelines et d’oléoducs ramènent le précieux liquide extrait vers les raffineries les plus proches. C’est la première fois que je vois des champs pétrolifères, et c’est impressionnant. Dans les petites villes que je traverse, les motels ont poussé comme des champignons pour accueillir les contractors et intérimaires qui travaillent ponctuellement sur place.

Une après-midi, alors que je sirote un café dans un Starbucks (il faut bien que je me prépare à mon retour…), un homme en costume cravate, étonné de voir ma moto chargée engage la conversation. Il travaille pour Halliburton, une énorme compagnie de services dans le domaine des hydrocarbures. Il m’explique que le développement de nouvelles technologies a offert une seconde jeunesse à ces états dont les réserves de brut étaient presque épuisées. Les nouvelles technologies dont il parle, ce sont les techniques de fractures hydrauliques dont on commence à parler en Europe. Outre-Atlantique, elles sont légales depuis une dizaine d’années et ont permis à des réserves de pétrole considérées comme épuisées de retrouver une seconde jeunesse.

Boom économique oblige, la plupart des habitants du coin avec lesquels je parle sont enthousiastes au sujet de cette technique révolutionnaire.. Ils m’expliquent que ces gaz de schistes donnent du travail à beaucoup de monde, et que les salaires sont près de deux fois plus élevés qu’ailleurs aux Etats-Unis. La contrepartie environnementale, personne ne la connait vraiment. Ironie du sort, l’homme cravaté avec lequel je discute au Starbucks travaille dans la communication: il élabore des plaquettes qui expliquent les risques des technologies utilisées, et qui sont distribuées aux habitants du coin. Ils sont décrits comme extrêmement limités et sous parfait contrôle.
Alors que je termine mon cappuccino, je demande à mon interlocuteur sa formation. Il me répond qu’il n’a jamais travaillé dans le pétrole, qu’il est un ancien communicant pour une grande société de prêt à porter et qu’il a seulement eu trois semaines de formation aux gaz de Schistes.

un champs de coton… euh non de pétrole 🙂

Dans un autre ferme je discute avec une femme qui m’explique que son champs est loué pour un montant proportionnel au gaz qui y est extrait. Même si elle ne me révèle pas le montant qu’elle touche pour les deux hectares qu’elle met à disposition des pétroliers, elle m’avouera que cela dépasse les 100 000 dollars. Evidemment, c’est un peu plus rentable la culture des carottes…

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3 Comments

  1. Je me demande la quantite de gaz extrait avec ces nouvelles techniques… Des gens qui revendiquent et communiquent sur des sujets qu’ils ne connaissent pas ou tres peu il y en a beaucoup…

  2. Je me demande la quantite de gaz extrait avec ces nouvelles techniques… Des gens qui revendiquent et communiquent sur des sujets qu’ils ne connaissent pas ou tres peu il y en a beaucoup…

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