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L’Equateur m’est sorti par les yeux. Conditions de sécurité relatives (cf un précédent article), tendances cleptomanes prononcées, et ras le bol général d’être bloqué sur place dans l’attente de ma nouvelle carte de crédit. Il était temps de reprendre la route, et dès l’arrivée du DHL tant attendu en provenance de Paris, j’ai sauté dans le premier bus en direction de la Colombie.
Au cours de mon voyage en Amérique du Sud, toutes les personnes que j’ai rencontrées ont été unanimes en me décrivant la Colombie. Le plus incroyable pays d’Amérique du Sud, le joyau latino, les habitants les plus attachants d’Amérique, les plus belles filles de tout le continent… beaucoup de choses qui me donnaient envie de m’éclipser au plus vite plus au Nord. A peine l’enveloppe DHL collectée, je file dans une agence Osorno, réputée pour être la seule compagnie de bus reliant directement Quito à Popayan dans le Sud de la Colombie.
Le bus est programmé le jour même: départ 22 heures. La région frontalière de l’Equateur et de la Colombie fait partie des Hot Spots mondiaux, où il est formellement déconseillé de se rendre. J’avais promis à ma Maman de prendre un bus de jour pour aller sur place, mais en mettant dans la balance mon exaspération de Quito vs le risque encouru de me faire braquer dans le bus, je décide de ne pas rester une journée de plus en Equateur et de booker mes billets. Pour me convaincre du bien fondé de ma décision et décourager les critiques de ma mère, je me rappelle aussi que j’ai vu deux jours plus tôt un homme abattu en pleine rue, et j’ai aussi été témoin la veille du vol à main armé du magasin situé juste en dessous de ma chambre, par des hommes armés de fusils à pompe à la main. Il ne m’en faut pas plus pour me convaincre de que la décision de partir au plus vite est… la meilleure.

crédit image: ministère des affaires étrangères, conseils aux voyageurs

A 22 heures le même jour, j’embarque dans un bus ultra confortqble, avec un siège qui s’incline quasiment à 180 degrés. Passé la surprise d’être passé au détecteur de métaux puis fouillé au corps avant de pouvoir entrer dans le car, tout me parait fort normal. Nous ne sommes que trois touristes dans le bus. Nous partons quasiment à l’heure, et suivons un autre bus à destination lui de Caracas au Vénézuéla (65 heures de voyage… charmant). Nous arrivons au poste de frontière à 1h30 du matin. Je m’attends à un No Man’s Land digne des meilleurs films d’action, et je tombe sur un pont grand ouvert sans aucune barrière ni obstacle pour en contrôler la traversée. Après être descendu du bus, je galère même pendant 10 minutes avant de trouver le bureau de l’immigration. Derrière une fenêtre un homme vérifie les passeport tandis qu’un autre à sa droite dort avachi sur une chaise. Des dix personnes devant moi, deux se voient refuser la sortie d’Equateur au motif qu’ils n’apparaissent pas dans le système informatique; ils sont priés de passer la nuit sur place et d’attendre que la cavalerie rapplique le lendemain matin pour enquêter sur leur cas. La Colombienne, qui semble une habituée à le visage dépitée mais se plie sans discuter aux ordres du douanier. La deuxième personne, un Suisse, hausse le ton et tente d’argumenter. Le douanier équatorien, sans même l’écouter lui rend son passeport non tamponner et appelle la personne suivante. Les deux en sont quittes pour acheter un nouveau ticket de bus et attendre jusqu’au petit matin…
Vu à la frontière equatoriano/colombienne

La pression monte d’un cran avant que mon tour arrive. D’un signe, le douanier m’appelle à la fenêtre. Il scanne mon passeport… bip… je suis bien dans le système. Le tampon s’abat bruyamment. Je peux enfin quitter l’Equateur! Je traverse le pont qui matérialise la frontière; de l’autre côté, un groupe de 5 jeunes boivent des bière autour de trois voitures, en plein No Man’s Land. Je ne vois aucune présence policière ni militaire. D’une de ces voiture la musique de “No more conversation, little more action please” de Elvis hurle. Alors que je passe à leur hauteur, ils entament quelques pas de danse et me souhaitent bienvenue en Colombie.
Poste frontière de Rumichaca

Je grimpe quelques marches et me retrouve en face d’une dizaine de fenêtres de la douane colombienne. Une seule est allumée, derrière laquelle se trouve une  douanière. Arrivée mon tour je découvre qu’elle est ravissante et très gracieuse, et je me demande ce qu’elle fait, seule à 1h30 du matin dans un poste frontière réputé comme très tendu. Seul un agent de sécurité privé (ni un militaire, ni un policier), est là pour lui tenir compagnie. Il porte à la ceinture un pistolet hors d’âge, que j’aurais été moins surpris de voir das un vieux film de western qu’à un poste de douane colombien. Je remonte dans le bus après avoir fait tamponner mon passeport. Aucun bagage n’est contrôlé et les formalités ont pris moins de 25 minutes pour les 20 passagers.
Bienvenidos a Colombia

Nous reprenons notre route dans la nuit noire, en direction de Popayan. Nous ne croisons personne sur la route qui est réputée pour être une place forte des FARC et d’autres groupes paramilitaires colombiens. Je finis par me rendormir et ne rouvre les yeux qu’au petit matin alors que nous arrivons à Popayan.
Je saute du bus le long de la panaméricaine, tandis que le car continue en direction de Cali. La ville se réveille lentement, et je n’ai aucune idée d’où je me trouve. En apercevant un dépot de bus, je demande mon chemin: l’un des chauffeurs me dit que je me trouve à une trentaine de minutes de marche du centre ville. N’ayant pas de pesos colombien sur moi, je lui demande où je peux retirer de l’argent. Il me répond que les seuls distributeurs se trouvent dans le centre de la ville… Il sourit et me fait monter à bord de son bus pour m’emmener gracieusement sur place.
Pas de doute je suis arrivé en Colombie, et je ne suis pas au bout de mes surprises avec ce pays et ses habitants!

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6 Comments

  1. Et alors ??? Et alors ???
    Allez, raconte-nous ….

    1. @Idole: Et alors… et bien j’ai survécu 😉

  2. Dommage que tu sois resté sur cette image de l’Equateur, contrairement à toi c’est à reculons que je vais monter dans l’avion pour rentrer en France, et je me demande encore si je v monter dans ce putain d’avion ! Bon courage pour la suite et j’espère que ta mère n’est pas cardiaque !

    1. @Camille: je ne suis pas monté dans l’avion encore, et moi aussi le retour va me faire drôle :). Concernant ma mère qui est cardiaque, pourquoi me poses-tu cette question?

  3. Salut,
    félicitation pour ton blog qui est sympa a consulter.
    Je suis en equateur avec des copains et on voudrait prendre le meme bus que tu as pris de Quito a Popayan, tu parles d’une agence dite “Osorno” mais je ne trouve rien sur le net sur cette compagnie
    Ils ont un bureau au terminal de bus de Quito? ou en ville?
    Merci pour ton aide

    1. @Pierre: Merci. Je t’ai repondu par email

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