La première chose qui surprend en Bolivie ce sont les Cholas ou Cholitas comme la plupart des gens les appellent affectueusement. Les Cholitas, se sont des femmes en habits traditionnels avec un chapeau, souvent melon, de multiples épaisseurs de jupons empilés les uns sur les autres, et deux immenses tresses qui leurs courent dans le dos et qui sont attachées ensemble à leur extrémité.

L’histoire de leurs vêtements remonte aux premières heures du colonialisme espagnol. Les conquistadors, dans un but de reconnaître plus facilement les indigènes mais aussi de les “civiliser”, leurs imposèrent de s’habiller ainsi.
Le chapeau melon n’arriva que plus tard au début du XXème. Les raisons de son arrivée sont débattues mais certains avancent l’explication suivante: une commande de chapeaux venue d’Europe serait arrivée pour équiper des ouvriers travaillant à la construction du chemin de fer bolivien. Du fait d’une erreur dans cette commande, les couvres chefs envoyés auraient été trop petits pour le public masculin auquel ils étaient destinés. Heureusement, la fibre commerçante du chapelier n’aurait alors pas fléchit, et il aurait alors expliqué que loin d’être une erreur, cette collection de chapeaux était au contraire la dernière mode venue d’Europe, et destinée aux femmes et non aux ouvriers. Un coup de poker qui se serait révélé payant puisque coquettes et distinguées, les cholitas boliviennes se seraient alors prises d’un amour indéfectible  pour ces chapeaux venus du vieux continent, et elles ne s’en seraient plus jamais séparés depuis.

Le terme chola est originellement hautement péjoratif. Il a été instauré par les Conquistadors pour dénommer les population andines. Jusqu’à il y a peu, les cholas étaient victimes de discrimination et l’entrée à beaucoup d’endroits dont les universités publiques leur étaient interdites. Depuis l’arrivée d’Evo Morales à la présidence de la République en 2006, lui même étant d’origine indigène et de mère chola, leur situation a été revalorisée. Le gouvernement tente aujourd’hui d’inscrire les cholitas dans la culture et l’identité bolivienne. Au quotidien la plupart cholitas sont des femmes fortes qui travaillent pour un grand nombre sur les marchés ou dans des boutiques.
La scène la plus cocasse à laquelle j’ai été confronté avec une cholita était l’achat sur le marche de Tupiza d’une batterie pour ma voiture. La seule personne vendant des batteries de voiture dans la ville était en effet une Cholita qui avait son stand sur le marché de la ville. Et après une longue discusson avec elle sur l’ampérage nécessaire pour alimenter ma Subaru… j’ai pu constater qu’on pouvait être Cholita et passionnée d’automobile 😉

Une caractéristique importante à ne surtout pas sous estimer les cholitas et leur caractère bien trempé. L’un des exemples les plus parlant est celui d’un jeune Israélien peu scrupuleux que j’ai croisé sur un marché. Non content de pointer son appareil photo sous le nez de ces dames, il prenait un malin plaisir à ne pas respecter leurs demandes explicites de ne pas être prises en photo. Ne pas respecter  leurs souhaits, c’est prendre des risques, y compris celui de se faire botter les fesses… au sens littéral. C’est le sort qui a été réservé à cet Israélien qui en moins de temps qu’il ne faut pour le dire c’est reçu une gifle et a pu admirer les qualités aéronautiques de son appareil photo lorsque celui-ci a traversé le marché en volant. Femmes fortes on vous dit!

Evidemment, le déclencheur de mon appareil m’a très souvent démangé lors du mois que j’ai passé en Bolivie. Malgré les innombrables refus que j’ai essuyés, j’ai avec beaucoup de persévérances pu constituer une petite sélection de photos de Cholitas. Et comme je suis gentil, je vous propose de les partager avec vous!

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4 Comments

  1. Une belle marque d’identite bolivienne malgre le ‘malentendu’ historique 😉 Et donc ne pas se fier aux apparences, derriere ses sourires se cache une poigne de fer!

  2. Hello,
    Merci pour ce partage de photos, et de commentaires……….
    C’est toujours avec plaisir que je lis tes récits !!!
    Bravo l’homme gentil !
    🙂

    1. @Roland: merci de prendre du plaisir à me suivre et à commenter mes articles. Pour l’homme gentil, ca me touche même si je ne suis pas sur que mes parents partagent toujours cette avis 😉

  3. […] d’Al Capone. Les Cholita locales (pour ceux qui auraient oublié ce que sont les cholitas, petit cours de rattrapage ici) n’arboraient pas les traditionnels chapeaux melons portés par les Boliviennes, mais ces […]

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