Je reviens dans cette ville sans intérêt, simplement parce que c’est la seule à 1500 kilomètres à la ronde qui a un garagiste/carrossier agréé par mon assureur. Je l’avais contacté lors de mon premier passage à Punta Arenas 4 semaines plus tôt, afin qu’il commande les pièces nécessaires à la réparation, qu’il fallait faire venir en camion de Santiago (cf article précèdent).

Alors que je me pointe au garage, oh miracle! Les pièces sont arrivées et l’expert en assurance, avec lequel j’avais échangé quelques mails en incluant des photos d’Antarctique (il m’avait avoué que c’était son rêve d’y aller donc autant tenter de l’amadouer) avait même donné son feu vert pour les réparations sans même voir le véhicule.  Mais « When it looks to good to be true, it is usually to good to be true ».

L’expression qui dit “menteur comme un arracheur de dents…”, a du être inventée par quelqu’un qui n’avait pas de voiture parce qu’honnêtement, mon dentiste ne m’a jamais menti le quart de ce que m’ont menti les garagistes. Le décabossage qui ne devait initialement prendre que 2 jours, se transforme en un travail de 7 jours ouvrés. A l’annonce de la mauvaise nouvelle, je fais la grimace, fais des yeux de biche et gesticule, tout ce que je peux obtenir est de ramener les 7 jours ouvrés à 7 jours tous court. Rien de bien exceptionnel.

Pendant la semaine que je passe sur place, c’est la grande déprime. A part un concert de rock où je me rends avec une couch surfeuse du coin, je ne met pratiquement pas le nez dehors. Il n’y a rien à faire sur place hormis contempler le Détroit de Magellan qui n’est pas particulièrement spectaculaire ici. La ville est glauque et cerise sur le gâteau, il ne fait pas beau!

Punta Arenas en image

L’interminable semaine passée, j’ai une autre désagréable surprise en allant récupérer ma bagnole. Le mécano me fait venir dans l’atelier tandis que la Chérie Moya est en équilibre sur un pont. A voix basse, un peu comme s’il allait m’avouer un secret, il me montre l’amortisseur arrière et l’axe de transmission de la roue avant droite. Pas de doute, l’amortisseur est mort mais ca je m’en étais rendu compte depuis longtemps durant les séances de tape cul que j’ai faite pour arriver jusqu’ici. Pour l’axe de transmission, ca c’est nouveau et c’est un peu plus embêtant…

Après m’être gratté la tête, je réalise que je n’ai pas vraiment le choix, que de faire effectuer les réparations. Les pièces détachées coutent le double en Argentine, et autant ne pas prendre le risque de se retrouver en rade au milieu du grand désert patagonien. Comme un malheur n’arrive jamais seul, ils n’ont pas les pièces en stock. Mon potentiel patience est naturellement assez bas, mais j’arrive tellement à saturation d’être planté là que je me lance dans une séance séduction avec le responsable de l’atelier: 5 minutes plus tard, et après une brève conversation et beaucoup de tapes sur l’épaule, on se met d’accord pour qu’il aille faire les casses du coin pour essayer de trouver la pièce qui manque, sans que j’ai besoin d’attendre encore une semaine.

2 jours plus tard, mon porte monnaie est plus léger que jamais, mais la Chérie Moya est prête à reprendre la route. Et c’est parti pour 4200 kilomètres de Ruta 3 jusqu’à Buenos Aires.

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3 Comments

  1. Nouvelle B.D.
    “Le check-up de ChérieMoya”. Ah ! L’ami Anto est prêt à tout pour que le garagiste fasse vite et bien. Il se lance dans des séances de séduction interminables, étire ses yeux de biche bordés de grands cils, mets, par ci par là, de petites tapes amicales sur l’épaule du garagiste … si bien qu’au bout de peu de temps il put repartir avec sa Chérie toute relookée pour de nouvelles aventures.(à suivre)

  2. Ami seducteur, chapeau bas! 😉

  3. Ami seducteur, chapeau bas! 😉

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