Ce blog n’est en aucun cas un forum politique, et malgré ce que le titre de ce post pourrait laisser penser, il ne va pas le devenir.

L’objet de ce post est juste de vous relater une petite discussion amusante que j’ai eue avec un guide lorsque je me trouvais dans le parc de Gunung Mulu (à Bornéo en Malaisie pour ceux qui ne sont pas assidus).
Petit retour en arrière il y a deux semaines. Je me trouve à Mulu, un bled perdu dans la jungle, mais connu et réputé pour abriter l’un des plus grand réseau de grottes du monde (le post sur le sujet ici).

Je rentre d’une journée exténuante de spéléo ou j’ai crapahuté pendant 7 heures dans les entrailles de la terre. Etonnamment il ne pleut pas en cette fin de journée et je décide avec une suédoise et une britannique d’aller faire un petit tour dans le village tout proche.

En chemin et alors que nous remontons l’unique route qui relie l’aéroport (enfin ce qui est appelé ici aéroport) au QG du parc national, un petit bonhomme rougeaud tenant une canette à la main vient à notre rencontre. Il nous invite à participer à la fête qu’il donne chez lui. Nous refusons au début, mais face à son insistance et sa sympathie, nous nous retrouvons rapidement avec chacun une bière à la main.

Comme partout, une bière menant rapidement à une seconde, puis une troisième… les « quelques minutes » que nous devions passer se transforment en heures.

Notre hôte, Elvis le king de Mulu comme il se définit lui même, travaille à l’aéroport, et lorsque nous lui demandons ce qu’il célèbre, il nous répond d’un air presque offensé: « une fête est une fête, pas besoin de raison particulière ». En avalant une nouvelle gorgée, je suis obligé de m’incliner face à cette logique implacable…

La conversation s’enclenche avec les locaux autour de nous, dont certains parlent anglais. Nos verres qui semblent ne jamais désemplir aident à surmonter les difficultés de communication.

Je discute longuement avec l’un des invités. Il paraît plus âgé que les autres. Je découvre qu’il est guide au parc depuis de très longues années.
Parlant de chose et d’autre il finit par me demander si je connais Robin et Jansa qui vivent à Paris.  Ne voyant pas de qui il parle, je lui réponds que non. Normal en fait puisque ce sont ses cousins qui vivent en France depuis 6  ans.

C’est marrant le nombre de fois où l’on m’a demandé lorsque je disais que j’étais français, si je connaissais Pierre, Paul ou Jacques… qui vivent en France. Comme si la France était un grand village et que nous nous connaissions tous… Merde l’Hexagone c’est pas Mulu quand même !?!

Ne lâchant pas le morceau, il me demande ensuite si je connais Nicolas Hulot. Je m’apprête à lui répondre que « non je ne connais pas tous les français qui sont venus à Mulu », et puis soudain, ça fait clic. Lui pour le coup, je le connais. Bien sur pas personnellement mais…
Heureux que je sache de qui il me parle, il m’explique qu’il y a une dizaine d’années de cela il a été son guide dans le parc. Ce même Nicolas Hulot était alors présentateur vedette de l’émission Ushuaia, et était venu tourner un des épisodes à Mulu.
Il m’explique que beaucoup de chaines de télévisions du monde (BBC, Discovery, National Geographic…) sont venues ici, mais que le passage des Français l’a beaucoup marqué.
L’équipe se composait de Nicolas, et d’une dizaine de cameramen, assistants, preneurs de son… Pour pouvoir faire venir tout le matériel de tournage, pas moins de 40 porteurs locaux ont été embauchés, presque autant que le nombre de villageois… Et évidemment pour faire fonctionner toute cette électronique, il a bien fallu trouver de l’électricité.
Le problème c’est qu’à Mulu, il n’y en a pas, ou plus exactement, chacun produit individuellement la sienne grâce à de petits générateurs electriques de faible capacité. Et bien entendu le matos porté par l’armée de porteurs nécessitait un peu plus que les 4,5kW du générateur de Elvis ou de ses comparses…

Le problème a été vite réglé, grâce… à un gros chèque et 3 hélicoptères affrétés spécialement pour l’occasion depuis Miri, une ville à une centaine de kilomètres. Ils ont transporté dans ces zones perdues 3 énormes générateurs plus compatibles avec les besoins énergétiques de nos compatriotes.
Mais les souvenirs du guide ne s’arrêtent pas là et il me raconte qu’il a été très surpris lorsqu’il a découvert qu’une montgolfière avait elle aussi été héliportée sur place  pour l’occasion. Cela afin de filmer la Deer Cave, à l’époque la plus grande grotte connue du monde (récemment détrônée par une grotte vietnamienne), dans les meilleures conditions.

Lorsque je lui ai annoncé que ce même Nicolas était candidat pour la présidentielle française, c’est tout naturellement qu’il a redressé les épaules avec fierté.
De mon coté c’est en me grattant la tête que je me suis rappelé que Nicolas Hulot était un candidat écologiste…

Allé Elvis, tu m’en remets une…

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4 Comments

  1. Aie aie aie ecologie quand tu nous tiens…
    Mais bon rassure-nous il a tout de meme pu prendre une douche Ushuaia mister Hulot? Non? Si!
    En tout cas je te vois d’ici tu as bien du te marrer!

    1. @Flo: il y a des cascades à Mulu, je n’ai pas pensé à demander à ce guide si il avait tourné la pub du shampoing ici…

  2. Aie aie aie ecologie quand tu nous tiens…
    Mais bon rassure-nous il a tout de meme pu prendre une douche Ushuaia mister Hulot? Non? Si!
    En tout cas je te vois d’ici tu as bien du te marrer!

    1. @Flo: il y a des cascades à Mulu, je n’ai pas pensé à demander à ce guide si il avait tourné la pub du shampoing ici…

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