Comme vous avez du vous en apercevoir si vous avez regardé une carte de Turquie, les lignes droites, c’est pas trop notre truc. Nous on aime bien faire des Zig Zag, et c’est pour cela que non content d’être remontés de Cappadoce jusqu’à la Mer Noire, nous avons décidé de redescendre plein Sud vers le lac de Van.

La raison de ce masochiste détour de 1500 kilomètres, c’est que nous voulions voir l’ile d’Akhtamar, célèbre pour tous les Arméniens. Elle se trouve au milieu du lac de Van, une gigantesque réserve d’eau de 3 755 km2. La légende veut que 2 amants habitant devaient combattre leur familles, opposées à leur idylle. Pour contourner ce lourd interdit, chaque soir, la fille Tamar, qui habitait sur une ile du lac Van, allumait une bougie pour que son amant la rejoigne à la nage. Malheureusement une nuit la bougie fut éteinte et le jeune homme se noya en cherchant désespérant sa douce et en criant de désespoir : Akh… Tamar. L’ile aurait en souvenir de cette tragique histoire conservée le nom de Akhtamar.

Moins romantique mais plus historique, l’ile est aussi célèbre pour avoir abrité au IXème siècle le siège de l’église apostolique arménienne ainsi que le palais des Bagratides qui en firent leur capitale. De cette période il ne reste plus qu’une splendide église. Sa récente restauration a été l’occasion d’une intense et ridicule bataille politique entre la Turquie et l’Arménie. La première refusant de dresser une croix sur l’édifice, et la seconde boycottant la cérémonie d’inauguration de l’église enfin restaurée.

La polémique mise de coté, ce patrimoine arménien a été miraculeusement préservé, et proprement restauré. L’église est splendide bien qu’utilisée comme un musée / décor de photo pour touristes avides de flash. Mais bon, c’est déjà un excellent début.

En arrivant en face de cette fameuse Akhtamar, et après quelques négociations avec le capitaine du bateau qui se rend sur l’ile, nous finissons par embarquer. La traversée est rapide, moins de vingt minutes. L’eau est d’un bleu azur. A peine nous avons quitté le bateau que nous pouvons admirer les magnifiques gravures sur les murs de l’église, tous symbolisant des scènes bibliques. L’intérieur de l’église est couvert de peintures, dans un état stupéfiant de conservation, surtout en considérant qu’elles ont plus de 900 ans.

Des barbelés empêchent de monter au sommet de la colline qui domine l’ile, mais évidement en bon Passengers que nous sommes, nous passons en dessous. Nous ne le regrettons pas : nous découvrons quelque chose de plus fascinant que l’église elle-même. Des khatchkars (croix) ont été creusés à même la pierre, sur la montagne.
C’est intense d’émotion la encore, et c’est aussi « amusant » de voir au loin sur l’ile le drapeau turc flotter, nous rappelant que ce territoire est passé en Turquie dans les années 1920.
Mais plus que de continuer cette description par des mots, voici une petite vidéo qui vous permettra d’avoir un meilleur aperçu de cet après-midi.

Et comme d’habitude, un pêle-mêle photos:

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