Après plus de 2 mois à arpenter les pistes argentines, il était temps pour moi de changer de pays. La Ruta 40 traverse l’Argentine du Sud au Nord sur une distance de 5431 kilomètres de Ushuaia à La Quiaca. En reprenant mon journal de bord, je m’aperçois qu’avec tous les détours que j’ai faits dans le pays de Maradona, c’est presque 9500 kilomètres qu’il m’a fallu pour relier Ushuaia à La Quiaca, mais qu’importe: j’y suis!

Alors que j’entre dans la ville la plus au Nord d’Argentine, je découvre des rues poussiéreuses et une ambiance de ville frontière. De nombreux camions sont stationnés en double file, attendant de pouvoir franchir la douane. C’est la vingtième frontière terrestre que je franchis depuis le début de mon voyage, et étonnement elles se ressemblent toutes un peu.
Je suis en Amérique du Sud, mais le passage me rappelle étonnement celui entre la Thaïlande et le Cambodge. Deux pays au niveau de vie bien différent, un peu comme la Bolivie et l’Argentine, où nombreux sont les personnes à tenter la traversée, légale où non. Le pont qui connecte les deux pays enjambe un minuscule ruisseau. Aucun barbelé ni de barrière n’empêche le passage en dehors du poste frontière. Alors que je gare la Chérie Moya pour effectuer les démarches douanières, j’aperçois à quelques centaines de mètres des personnes traverser le ruisseau: “des immigrés illégaux” qui viennent tenter leur chance en Argentine.

Frontière argentino/bolivienne à la Quiaca

Ces même immigrés boliviens, j’en avais entendu parler lorsque j’étais à Mendoza, où mon couchsurfer, un viticulteur, m’expliquait que la main d’oeuvre bolivienne était très recherchée, car extrêmement flexible, travailleuse et peu chère. Il s’était contenté d’un sourire lorsque je lui avais demandé si les boliviens qui travaillaient dans les exploitations viticoles avaient des papiers. Maintenant, j’ai la réponse…
Alors que je me trouve à la douane argentine, un des officiers me demande une photocopie des papiers de mon véhicule. Problème je n’en ai pas, et problème encore plus gros: il n’y a pas de photocopie coté argentin. Qu’importe, ici les frontière sont souples: le douanier argentin me dit d’aller coté bolivien faire la copie et de revenir. Un peu surpris je lui explique que je n’ai pas terminé les formalités d’immigration. Il me regarde mi amusé et mi énervé en me disant: “tu leur expliques coté bolivien, ils s’en foutent des formalités d’immigration de toute façon”. Un peu surpris, me voici en train de traverser le poste frontière bolivien, sans passeport. Un sourire et un “Vamo per una photocopia” plus tard et me voici entré à Villazon, le cote bolivien de la frontière. Je me promène pendant une bonne dizaine de minutes dans les rues de la ville à la recherche d’une photocopieuse que je finis par trouver. Problème suivant, je n’ai que des pesos argentins avec moi. Rebelote, me voici à la recherche d’un agent de change pour récuperer quelques bolivianos pour faire enfin ma photocopie. Encore une dizaine de minutes de plus à flâner en toute illégalité en Bolivie. Ma photocopie faite je traverse le pont en sens inverse. Aucun des 6 militaires sur le pont me posent  de question ni même me demandent mes papiers.

Bolivia here we are!

De retour coté argentin, tout va extrêmement vite. Moins de 30 minutes plus tard je peux entrer cette fois-ci officiellement et au volant de ma Chérie Moya dans un nouveau pays, le 28ème depuis mon départ de France.
Je n’ai parcouru que quelques mètres que déjà je croise une multitude de femmes en costumes traditionnels vendant toutes sortes de produits le long de la route. Le style des voitures me rappelle ceux que j’ai pu voir en Inde: Tout ce qui a 4 roues, un moteur et qui roule plus ou moins est un véhicule. je continue encore quelques centaine de mètres et j’aperçois la statue d’un homme sur un cheval: “Gloria a Simon Bolivar, el Libertador”. Et bien ça ne fait maintenant plus de doute, je suis bel et bien arrivé en Bolivie!

Simon Bolivar el Libertador
Similar Posts

7 Comments

  1. Bolivia y Argentina están cerca y tan diferente. . Amo a Bolivia. Espero que se vive bien en este país. Bises Hollandaises !

  2. Love the required illegal-mid official-but authorized, even more proposed, back&forth trip to Bolivia in ordre to be in line with rules in the end LOL!

    1. Welcome to the South America. Everything is possible here 😉

  3. 9,500km?!!! Mais mince c’est comme si tu avais fait plus de 2 fois l’Australie Ouest-Est (Cape Byron(NSW)to Steep Point(WA)= 4,000km)!
    Impressive mate!

  4. 9,500km?!!! Mais mince c’est comme si tu avais fait plus de 2 fois l’Australie Ouest-Est (Cape Byron(NSW)to Steep Point(WA)= 4,000km)!
    Impressive mate!

    1. Hehe, thanks

  5. J’ai pris un tronçon de cette route dans le NOA, et les paysages qui défilent sont magnifiques. Félicitations pour avoir ces 9500 km!!

Leave a Reply

Your email address will not be published.