Ankara nous voilà ! Beaucoup d’entre vous nous ont contacté suite à notre dernier post, nous demandant ce qu’il s’était passé à l’issue de notre réparation à Amasra. A ceux la j’ai envie de répondre :

« Mais comment osez-vous douter de nos  compétences en mécanique ? Mais bien sur que cela a tenu et que nous avons pu aller à Ankara ! »

Nous sommes même arrives assez tôt dans l’après midi, ce qui nous a permis d’aller repérer ou se trouve la concession BMW Motorrad. Nous avons pour la première fois de notre voyage expérimenté le Couch Surfing. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe est très simple : un site web http://www.couchsurfing.org, un réseau de 2.2 millions de personnes, qui sont prêtes à héberger des gens sur leur canapé, en échange… de rien en fait, à part de discussions et d’humanité. Le réseau fonctionne évidement dans les deux sens, et vous pouvez vous aussi accueillir des voyageurs de passage dans votre ville. Les rencontres que cela amènent à faire sont souvent très intéressantes et je vous encourage à aller jeter un œil à ce site et éventuellement à vous jeter à l’eau.

Nous nous y sommes pris un peu à la dernière minute pour trouver quelqu’un. Nous avons envoyé des bouteilles à la mer (enfin des messages sur le site de couch surfing) le matin même. Résultat : le soir, 3 réponses dont deux positives. Plus qu’il n’en faut. C’est chez un dénommé Xavier, un français vivant à Ankara depuis 3 ans en concubinage avec une turque, Seda, que nous avons la chance de poser nos valises.

La soirée que nous passons avec eux est excellente. La conversation l’est d’autant plus que l’analyse de la situation politique de la Turquie faite par Seda, qui est elle-même turque permet d’en apprendre beaucoup. L’objet de ce post n’est pas de rentrer dans les détails de cette conversation. Je rapporte ici juste une phrase, qui m’a marqué et qui résume très bien le contenu de notre longue conversation : «  En Turquie, si tu craches en haut, tu tombes sur la moustache, si tu crache en bas, tu tombes sur la barbe ».  Je vous laisse méditer à cela.

Le lendemain matin, après avoir affronté les embouteillages d’Ankara, nous laissons les motos à un mécano charmant. Le garage nous fait bonne impression et rien que ca, ca me rassure terriblement. Je ne veux plus laisser Lizzie dans de mauvaises mains… En regardant la file de motos devant l’atelier (dont 6 de flics) on s’inquiète un peu pour les délais qui vont nous être demandés. Et soudain, oh surprise! Miracle devrais-je même dire, on bénéficie de la carte « étranger en de passage» . C’est un précieux sésame en Turquie, ou l’on aime donner (et on y arrive très bien d’ailleurs), une bonne image de son pays. Nos motos sont traitées en premier, et seront prêtés l’après-midi même. Même en rêve on ne s’attendait pas à ça !

Pour tuer les 5 heures d’attente, on file au centre ville pour s’engouffrer 1 Simit et 3 Beuregs. Et puis on se dit que ca s’est quand même dommage de ne pas aller voir Anit Kabir, soit en français, le mausolée d’Atatürk. L’homme a des photos de lui dans pratiquement tous les magasins, pas une ville n’a pas au moins une statue à son effigie (enfin une statue c’est juste pour les villages de moins de 30 habitants, les autres ca se compte en dizaines), ni au bas mots 4 ou 5 rues et avenues à son nom. Evidement, tous les billets, pièces, timbres portent aussi son effigie. Plus étonnant  mais pourtant vrai, les marques automobiles (marques françaises incluses) ont fait des séries K. Atatürk  spécialement pour le marché turc.  Alors forcement, quand on parle d’un mausolée, c’est pas un petit truc modeste. C’est The Maussolée. Un énorme édifice perché au sommet d’une colline et adossé à un musée dédié au Père de la Turquie moderne.

Sa dépouille est conservée là-bas, mais le plus intéressant outre la profusion de marbre, de sculpture et gravures qui n’ont rien à envier à « l’art » soviétique, c’est bien sur le musée.

Avant de repartir dans l’ironie, c’est important de faire un petit rappel historique sur Mustapha Kemal (le vrai nom d’Atatürk). Militaire haut gradé et victorieux (il obtint d’ailleurs le surnom de Gazi, le victorieux), il fait partie du mouvement Jeunes Turcs. Ne supportant pas de voir l’Empire Ottoman déclinant tomber dans les mains cannibales des pays occidentaux qui sont entrain de se le partager, il prend le pouvoir par un putch militaire, mettant rapidement fin au sultanat en place depuis prêt de 1000 ans.

Très inspiré par la France et les Lumières, nationaliste et libérale, il crée la République de Turquie et entreprend une longue série de réformes pour moderniser le pays. Il force entre autre l’adoption de l’alphabet latin, instaure la démocratie (avec droit de vote des femmes des 1934 contre 1944 pour la France), et proclame une République laïque. Cette série de reformes ambitieuses se fait manu militari, et la population turque « de la rue » n’a pas son mot à dire. Cela permet néanmoins au pays de prendre un tournant radical, et le sauve d’un écartèlement par les puissances étrangères. [hop]

Evidement l’homme a aussi ces parts d’ombre. Il est ultranationaliste et un proche de Talaat et Envers, les commanditaires de l’extermination des Arméniens. Il reste quelqu’un d’extrêmement martial et octroie un rôle prépondérant à l’Armée dans la République.

Le musée omet largement de mentionner ces parts d’ombre et la visite s’apparente un pèlerinage sur le tombeau du prophète de la religion turque. Les superlatifs sont trop nombreux pour en faire la liste en moins de 10 pages. Pour faire bref et pour résumer la visite, je ne donnerai que le titre de la vidéo de présentation diffusée dans le musée : « Kemal, Son of the Sun »

Ce bain de propa… d’information terminé, nous récupérons nos motos révisées mais surtout plus brillantes que jamais après que la concession BMW ne les ai pas seulement révisées, mais aussi lavées. Emu par l’étincelance de Lizzie, je réussi à la faire tomber, à l’arrêt. Résultat un beau poc sur l’une des valises : rien de bien méchant, mais elle ressemble maintenant à une vraie baroudeuse !

Deuxième soirée chez nos couchsurfers, tout aussi agréable, et nous prenons la route dés le lendemain, direction la Cappadoce !

Et comme on ne résiste pas à l’envie, Anit Kabir, en images, ça donne ça

 

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2 Comments

  1. Merci pour la visite du mausolee, cela a du sembler un peu incense pour vous de vous retrouver dans ce lieu de culte pour certains et de honte pour d’autres.
    J’espere que Lizzie s’est bien remise de ces emotions et qu’elle est toujours d’attaque pour la suite des aventures!

  2. Merci pour la visite du mausolee, cela a du sembler un peu incense pour vous de vous retrouver dans ce lieu de culte pour certains et de honte pour d’autres.
    J’espere que Lizzie s’est bien remise de ces emotions et qu’elle est toujours d’attaque pour la suite des aventures!

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