Ma mère m’a souvent dit que nous n’étions pas les rois du pétrole. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi jusqu’à ce que j’arrive dans les Emirats Arabes Unis.

Après une traversée du Golf Persique d’un peu plus de 13 heures, sur un petit ferry rempli d’iraniens qui ont successivement fumé le Narguilé sur le pont, puis fait leur prière (toujours sur le pont), et enfin se sont révoltés à l’arrivée au port car on ne les laissait pas descendre du bateau assez vite, je suis arrivé aux Emirats Arabe Unis.
En m’approchant des cotes et en voyant de grands buildings et une immense tour (je découvrirais plus tard que c’est la plus grande du monde, Burdj Khalifa, 828 mètres de haut), je me dis que quelque chose est entrain de changer par rapport àl’Iran…


Au début je pense à un mirage et puis lorsqu’un douanier en Mercedes S500 AMG blanche, vêtu d’un Dis Dash (costume traditionnel émirati, sorte de Djellaba blanche avec un turban) me dit de le suivre pour effectuer les formalités de sortie, le tout dans un anglais oxfordien, je me demande si je ne deviens pas maboule.
Après avoir rempli les paperasses et alors que je me pose toujours des questions sur mon intégrité mentale, je demande ma route pour rejoindre le centre ville. La conversation donne à peu près ca:

– Comment puis-je aller aux Jumeirah Lake Towers
– C’est très simple: tu vas tout droit et au premier mall (comprendre centre commercial pour les irréductibles gaulois qui me lisent), tu prends à droite. Ensuite tu continues jusqu’à Emirates Mall. Là c’est à gauche, puis tu continues tout droit sur 10 kilomètres et tu vas tomber devant Marina Mall. Tu prends ensuite à droite et tu es arrivé.

C’est tellement gros qu’on croirait une parodie. Pourtant non… ici, on ne se dirige pas en fonction des pubs comme en Angleterre ni avec des ronds points et feux de signalisation comme en France. A Dubaï, ce sont avec les centres commerciaux. Il y en a tellement que c’est de toute façon le plus facile.

Grace au fabuleux site Couch Surfing dont je vous ai parlé dans mes posts précédents, je me retrouve à habiter chez un local. Lorsqu’il apprend que je viens de passer un mois en Iran, il me dit qu’il faut me changer les idées. En moins de 2 heures, tous les bienfaits que la République Islamique avait pu avoir sur ma santé sont mis à néant.
Il m’emmène d’abord boire des bières dans un pub irlandais plus vrai que nature. C’est réjouissant mais j’ai perdu l’habitude, alors ca fait aussi mal à la tête. Réjouissant aussi de revoir des cheveux féminins flotter au vent, mais le retour à la réalité est violent et plus que des mèches, je vois aussi se bousculer des mini jupes et des décolletés que même la plus tolérante des morales reprouverait. Cerise sur le gâteau, nous finissons la soirée au Buddha Bar (et oui il y en a un à Dubaï) à 3 heures du matin, en compagnie d’un membre de la famille royale qui nous offre nos whiskys.
Sous l’influence de Buddha mais surtout de son bar, je finis ultra zen à 6 heures du matin. 


Le lendemain, je me promène dans les rues au milieu d’une forêt de grattes ciel. Les voitures qui passent me font me penser au salon de l’automobile, mais une version ou juste les marques allemandes et italiennes participeraient. Ici la 206 s’appel la BMW X5 et la smart, on l’offre aux enfants pour Noel à la place des voitures Playmobile.
Le mélange dans les rues est très éclectique: Européens et Américains en costumes cravates ou jeans, Emiraties en Dish Dash, Indiens, Pakistanais, Philippins… eux le plus souvent en bleu de travail : il faut bien qu’il y en ait qui manie la pèle et la pioche…


Visiter Dubaï, c’est aussi visiter des malls (centres commerciaux). Ils font partie intégrante de la ville et sont tous plus dingues les uns que les autres. Les plus connu sont le Dubaï Mall, qui abrite un aquarium géant. Les gentils consommateurs peuvent observer raies, mérous et requins tout en faisant les soldes. Au cas où ils s’ennuieraient, le centre commercial abrite aussi une patinoire olympique et un vivarium.
L’Emirates Mall est aussi bien classé. Dans celui-ci, c’est carrément une piste de ski qui a été construite. Mais ici pas de tapis synthétique; non, chez les rois du pétrole, on a construit une gigantesque bulle climatisée où la température est maintenue à -4 degrés, et on a fait venir de la neige, de la vraie. Vu qu’ils ne regardent pas à la dépense, un téléski et même mieux, un télésiège ont été installés pour que tout soit plus vrai que nature. Bien sur, quand les skieurs du désert lèvent les yeux au ciel un peu trop brusquement, ce n’est pas les sommets enneigés mais la boutique Louis Vuitton qu’ils voient, mais qu’importe…

C’est fou, c’est très fou. Chacun des malls est rempli de boutiques de très grand luxe : Louis Vuitton, Channel, Dior, Mont Blanc… Mais l’offre s’est aussi diversifiée et toutes les enseignes que je connaissais de mes vies antérieures à Paris, New York, et Londres sont là aussi. En vrac, Starbuck, Carrefour, Waitrose, McDonald, Burger King, Galeries Lafayette, Décathlon, Le Pain Quotidien, Yo Sushi… j’en passe…
Pour attirer du monde les Emirats ont une arme secrète : les taxes n’existent pas. Alors forcement, quand les multinationales décident d’investir là-bas, les risques sont faibles. Pour ce qui est d’attirer de la main d’œuvres et des cerveaux de l’occident, la même recette s’applique : les salaires sont extrêmement attractifs et non taxés.

Pour ce qui est de la cohabitation avec l’Islam, les Emirs ont la aussi réussi un joli coup d’équilibriste et semble réussir sans peine à faire cohabiter lois islamiques, société de (sur)consommation et débauche de l’Occident. Le meilleur exemple est certainement visible dans cette vidéo : un appel a la prière en plein centre commercial :

Dubaï est sortie de terre en moins de 10 ans. Cette ville émirat, en plein cœur du désert a fait le choix de l’extravagance. Elle s’est étendue en prenant sur la mer, en construisant des quartiers en forme de palmiers et de globe terrestre, des centres commerciaux parmi les plus luxueux du monde. En se baladant on a la curieuse impression d’être dans le Guiness Books : on se promène entre les records : plus haute tour du monde, plus grand aquarium, plus hautes fontaines…

Rien ne semble impossible et les pétrodollars viennent financer la réalisation de ces projets tous plus fous les uns que les autres. Mais au delà de cette démesure, que penser de Dubaï ?
Folies de bédouins ex-pêcheurs d’huitres perlières devenus milliardaires un peu trop vite, ou investissements visionnaires pour diversifier l’économie des Emirats Arabe Unis vers le tourisme et le luxe, sous l’impulsion de Sheikhs qui ont compris qu’il fallait préparer l’après Or Noir ?

Ce qui est sur, c’est que le plus difficile ne sera pas de construire tout cela mais de le rendre rentable. Le rendez-vous est pris dans 30 ans pour savoir s’ils y arriveront. 

Et go pour le pêle-mêle! 

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8 Comments

  1. Quel contraste en arrivant d’Iran !
    Envie de voir, peut-être, mais pas très intéressant.
    Et comme tu le dis si bien, que rapportera tout cet investissement ?
    Pour le moment, “tout baigne” et fait envie.
    Mais comme on n’arrête pas le temps …
    Alors à suivre dans ton prochain voyage à la retraite !
    Bisous de ton Idole préférée.

    1. @Odile: J’ai pris note d’y retourner quand j’aurais une canne pour confirmer s’ils ont réussi à rendre le désert rentable 😉
      Concernant l’intérêt d’un passage à Dubai, pour ses vacances, peu c’est sur. Dans le cadre d’un tour du monde, c’est intéressant de le voir, pour mieux comprendre la région. En plus cette escapade m’a permis de profiter de 7 jours de cappucinos le matin, et ça, ça n’a pas de prix 😉

  2. Une vie de débauche et de démesure pour les expats de Dubai?
    Mais que font-ils dans la vie? Il y a les métiers dans le commerce certes vu la profusion de centres commerciaux mais comment font-ils tourner leur économie? Le tourisme? Y a t-il un envers du decors?

    1. @Flo: Et bien il travaille dans des banques, des compagnies d’assurance, des boites de conseil, des boites d’informatique…
      Les centres commerciaux, c’est surtout pour les occuper, pas tellement pour les faire bosser.

  3. Saloute, et sympa cet article. Je vis en Ecosse et ma petite amie (britanique) a vecu a Dubai pendant pres de 10 ans…donc autant dire qu’elle a vu le developement rapide..si rapide d’ailleurs que quand elle y retourne tous les 8 mois en moyenne vois sa famille, elle a l’impression d’arriver dans une nouvelle ville. Pour ma part je m’y suis rendu 3 fois (dont une fois aux frais de son meilleur ami, un local vivant la-bas…). Pour etre honnete, pour moi Dubai n’etait que ce qu’on peut voir a la TV…mais une fois que tu rencontres les gens de la-bas et habite chez eux, et fais des choses “hors touristes”, c’est vraiment une ville enorme! Oui, beaucoup de culture de l’Ouest, marques, Mall etc…mais apres tout c’est pareil partout donc si tu peux avoir ca et en meme temps vivre dans un pays si different culturellement et qui plus est ensoleillé 234% du temps, pourquoi pas?..bref, ca fait toujours plaisir de lire des articles comme ca sur ce genre de destination 😉

    1. Merci pour ton commentaire. Tu as raison en disant que Dubai mérite d’être découvert avec des locaux. Cela change complètement l’expérience que tu en retires. C’est vrai aussi que la plupart des articles de personnes passées brièvement sur place reviennent systématiquement sur la superficialité et le bling bling ambiants. Clairement ils existent mais il y a peut être un peu plus que cela à Dubai.

  4. Mon souci est celui d’entrer en contact avac la famille royale d’Emira arabe unies pour raison d’affaire.
    J’ai vraiment pris le sens de cette famille comme modèle de developpement pour venir en aide des millieux des personne qui souffre dans ce monde.
    Je reste en attente d’une reponse à ma requette pour me permettre de me preparer.
    Vous remerci d’avance,
    recevez mes franches salutations.
    Ev. Jean Bernard

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