Après 2 jours de pause à Tabriz, pour m’acclimater à l’Iran, je mets le cap sur Téhéran. Pour m’y rendre c’est une aventure puisque je choisis de ne pas parcourir les 600 km qui séparent les 2 villes et de mettre ma moto dans un camion (impossible de la mettre dans le train pour une raison qui m’échappe encore)

C’est une belle expérience, puisque la première étape est de me faire comprendre par les camionneurs qui ne parlent que Farcis. Cette première étape prend prêt de 2 heures, et finit au siège d’une société d’import/export où l’assistante de direction parle anglais et me sert d’interprète.
La seconde étape, tout aussi éducative, consiste à monter la moto dans le camion. Là encore pas simple, et cela nécessite toute la force de 8 gaillards dans la pleine force de l’âge pour littéralement porter Lizzie et ses 350 kilos à l’arrière du camion.

La dernière et certainement la plus enrichissante expérience, c’est de faire les 15 heures de route en compagnie de Akhmed, le chauffeur, avec lequel on ne se comprend que grâce aux 4 mots de farci écrits dans le Lonely Planet. Ca ne nous empêche pas de partager le repas ensemble. La brûleur à gaz posé sur le planché du camion, Akhmed, tout en conduisant fait réchauffer la gamelle que sa femme lui a donnée. Je ne vous raconterai pas à quel point je suis rassuré quand je vois les poids lourds arriver à grande vitesse en face de nous pendant que Akhmed mélange le ragout pour ne pas qu’il accroche. Mais intervention divine où force de l’habitude, je dois bien constater que ca a bien marché puisque nous mangeons ce délicieux ragout à l’agneau, cuit à merveille, le tout en avalant les kilomètres. 

Ce que j’oublie presque de vous raconter c’est les techniques de conduite iraniennes dont j’ai un cours accéléré durant le trajet. Plutôt que de vous le décrire, une petite vidéo s’impose :

Arrivé à 2 heures du matin à Téhéran, c’est dans la remorque du camion puis dans une salle de prière réaménagée en dortoir pour camionneurs que je finis ma nuit. Une expérience folklorique mais fort intéressante.
Le lendemain je découvre la capitale. Et le premier choc, c’est lorsque je m’aperçois que je suis bien dans Téhéran, mais que le centre ville se trouve à 25 kilomètres de là. Et oui c’est une grande, une très grande ville même. Le second choc, c’est la circulation. Je pensais avoir touché au paroxysme des embouteillages et de la conduite folle à Istanbul ; mais c’était sans considérer l’Iran. C’est tout simplement indescriptible, et le plus simple est de vous mettre ici une vidéo pour que vous vous fassiez vous même votre idée de ce que ca donne en ville, à 2 heures de l’après midi.

J’ai choisi de rester 3 jours. Le temps de faire les visites d’usage incluant le Golestan Palace (ancienne résidence des Shahs), le palais de Darban (résidence d’été des Shahs situé au pieds des montagnes où les Téhranis vont faire du ski l’hivers). Passage obligé au bazar, immense, mais qui dispose de peu de charmes architecturaux comparé à celui de Tabriz. Pour illustrer l’histoire contemporaine, coup d’œil à l’ex ambassade américaine, transformée en caserne pour les gardiens de la révolution.

Enfin hommage à l’Iman Khomenei avec une visite de son mausolée, entouré de 4 tours, chacune de 91 mètres de haut en souvenir de l’âge auquel le créateur de la République Islamique est décédé. Enfin et toujours pour mieux comprendre l’histoire de ce pays qui nous parait souvent lointain, recueillement au cimetière  Behesht-e Zahra où 200 000 soldats iraniens, tombés lors de la guerre Irak-Iran durant les années 90 sont enterrés.
C’est aussi à Téhéran que je passe mon Nouvel An. Un Nouvel An assez original puisque l’Iran n’utilisant pas le calendrier grégorien, aucune festivité n’est programmée dans la capitale de la République Islamique. C’est donc auprès de la communauté arménienne de Téhéran que je choisis donc de passer le réveillon. En l’occurrence à la cathédrale Sourp Sarkis, car les Arméniens d’Iran en plus de célébrer la Nouvelle Année, célèbrent aussi Noel le 31. C’est ainsi sur les 12 coups de cloche de minuit que j’entre dans 2011. La fin 2010 s’est faite avec beaucoup d’actions et d’imprévus,  nous verrons bien ce que 2011 nous réserve. [hop]


En résumé, Téhéran mérite de s’y arrêter brièvement, pour ses quelques sites touristiques et car c’est le coeur politique et économique du pays. Je ne vous conseille par contre pas de vous y éterniser sauf pour comprendre ce à quoi l’enfer urbain ressemble. Un enfer si proche de celui de Dante que même la fumée y est là, partout. Ce n’est pas celle des feux de l’enfer, mais celle des pots d’échappement qui rendent l’air souvent irrespirable. Un chiffre pour terminer: 30 000, c’est le nombre de personnes qui, selon les autorités, meurent chaque année de la pollution à Téhéran. Ca m’en bouche presque un poumon…


Et bien sûr le traditionnel pêle-mêle photos :
 

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4 Comments

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  3. […] avec mon ami Doudou, un jour avant qu’il ne se retrouve dans les geôles iraniennes (souvenez-vous), ou du suivant en 2012, perdu au beau milieu de la Patagonie Argentine non loin de la Grottas de […]

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