Nous avons choisi de rester à Istanbul une semaine afin de profiter de la gentillesse et de l’hospitalité de Zartar Horakouyr, la tante d’Yves-Armen, de capter l’énergie incroyable qui se dégage de la ville et de découvrir certains trésors qu’elle renferme.

Cela nous a aussi permis d’expérimenter le passage quotidiennement d’Asie en Europe, en prenant tout simplement le bateau qui traverse le Bosphore.


Comme tous touristes qui se respectent, nous sommes allés aux attractions majeures de la ville :

Haya Sophia (Sainte Sophie), aux volumes impressionnants. Ce monument traduit à lui seul la richesse de l’histoire de la ville : construit en 532 par l’empereur romain Justinien pour redonner un rayonnement à Constantinople. Il a par la suite été converti en mosquée, lorsque la ville est tombée aux mains des ottomans en 1453. Des minarets ont alors été rajoutés mais les mosaïques n’ont pas été détruites. Pour compléter cette histoire complexe, l’arrivée des Jeunes Turcs au pouvoir au début du XXème siècle a vu le bâtiment transformé en musée, sur ordre de Atatürk, traduisant la transformation de l’Empire Ottoman musulman en République de Turquie laïque.

Nos emplettes dans l’ex-Constantinople nous ont aussi amenés à la Mosquée Bleue. De 1100 ans la cadette de Sainte-Sophie, elle est toujours utilisée comme lieu de culte par les Musulmans. Elle a été construite sur ordre de Suleyman le Magnifique et abrite sa dépouille et celle de sa femme Roxelane. Encore une histoire qui donne une lumière intéressante sur l’Empire Ottoman : Roxelane est née en Ukraine ou elle a été vendue comme esclave. Entrée au Harem, elle a gravit tous les échelons de la complexe hiérarchie qui le régît. Elle est rapidement présentée au Sultan et devient sa préférée (mais pas sa femme légitime, attention nuance…). Elle donnera un fils au Sultan et sera l’une de ses conseillères les plus influentes. Elle réussira par la suite à se faire épouser officiellement par le Sultan, et à faire nommer son fils successeur de Suleyman. L’empire Ottoman serait-il un empire métissé ? En tous les cas il semble bien y avoir eu un Ukrainien dans Topkapi !

Passage obligé au Grand Bazar, que nous avions au début confondu avec le Bazar Egyptien. Un des moments marquants! Une fourmilière géante, ou se mêlent touristes, Stambouliotes, jeunes, vieux… Dans le dédale des allées de ce gigantesque marché couvert, des vendeurs haranguent la foule vendant bijoux, narguilés, tapis, lampes (génie non fourni…)

C’est l’un des endroits les plus intenses que j’ai été amené à observer. Partout des gens ; il suffit de tourner la tête pour observer une scène différente. A droite un touriste américain achète (se fait vendre ?) des loukoums, tandis qu’en face de moi une mamy Stambouliotes s’approvisionnent en épices. Quelques mètres plus loin, des allemandes sortent d’une boutique après une chaleureuse embrassade avec le bijoutier, qu’elles ne devaient pas connaître quelques minutes plus tôt. Mais la fibre commerçante est telle qu’au bazar, l’empoignade est facile et les amitiés se créent vite.


Tout ce monde vit en suivant la mesure des Cayacis, des vendeurs de thé ambulants, qui se faufilent au milieu de la cohue par de pas de coté qui s’apparentent à une chorégraphie. Chacun des magasins disposent d’un téléphone interne, directement connecté chez eux. Il suffit de le décrocher et d’indiquer le nombre de tasses voulu. La plupart du temps, les vendeurs du bazar ne prennent même pas le temps de se présenter, et le son de leur voix suffit pour que quelques instants plus tard, un Cayaci rapplique.

Au détour de deux allées, nous sommes surpris par des hommes hurlant et agitant les bras en l’air le téléphone à l’oreille. Un peu curieux, je finis par trouver quelqu’un qui m’explique qu’ils sont en train d’acheter et de vendre des devises. Et oui le Bazar a son propre marché de Forex, et ces gens en face de moi sont en quelque sorte les traders du Bazar. Mais au final, y a-t-il une grande différence entre eux et ceux de Londres ou de New-York ?

Dans tous ca bonnes et mauvaises affaires sont possibles, mais finalement est-ce vraiment ca l’important ? Le bazar s’est une expérience à par entière. Beaucoup de touristes s’y font rouler dans la farine, mais ils repartent heureux de leurs achats, et les vendeurs satisfaits de leur marge. Tout le monde est content, et puis les performances théâtrales de certains vendeurs méritent bien une rémunération, non ?


Toutes ces visites sont bien sympas, mais on veut aussi avoir une vision moins classique d’Istanbul. Alors nous allons explorer (au péril de notre vie, et surtout de notre foi), le quartier de Taksim. C’est le quartier jeune et branché que nous apprécions un lundi soir. Autre décors, beaucoup plus occidentalisé, ou les bars animés déversent quelques turcs éméchés sur le trottoir afin qu’ils prennent leur Dolmus (taxi collectif) pour rentrer chez eux. Une autre vision d’Istanbul, moins traditionnelle et clairement tourné vers l’Occident !

En résumé Istanbul est une ville incroyablement éclectique. La séparation de ses 15 millions d’habitants entre l’Europe et l’Asie symbolise à elle seule l’ambiance générale qui se dégage. Une ville mi-orientale, mi-occidentale. Une ville intense qui regorge d’énergie, à un point telle qu’elle peut en devenir épuisante. D’un point de vue plus personnel, les 7 jours là-bas nous ont permis de nous requinquer après nos premiers 5000 km et de nous préparer à l’entrée en Asie qui s’ouvre à nous. Et croyez-moi nous sommes plus prêts que jamais à user nos pneus là-bas et à vous faire partager ce nouveau volet de notre aventure. Stay tuned ! 

 

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2 Comments

  1. Bonjour. Bien d’accord cette ville est on ne peut plus dynamique et éclectique. Je suis d’ailleurs très étonné des manifestations actuelles dans un pays qui m’avait semblé très tolérant et en plein essor. Mais entre la Turquie moderne et celle de l’ancien temps qui perdure dans les campagnes et certains quartier, la différence de niveau de vie doit être colossale.

  2. Bonjour. Bien d’accord cette ville est on ne peut plus dynamique et éclectique. Je suis d’ailleurs très étonné des manifestations actuelles dans un pays qui m’avait semblé très tolérant et en plein essor. Mais entre la Turquie moderne et celle de l’ancien temps qui perdure dans les campagnes et certains quartier, la différence de niveau de vie doit être colossale.

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