{"id":5091,"date":"2012-09-28T05:45:33","date_gmt":"2012-09-28T04:45:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lespassengers.com\/?p=5091"},"modified":"2021-06-03T21:22:49","modified_gmt":"2021-06-03T21:22:49","slug":"pablo-escobar-el-patron-del-mal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/2012\/09\/28\/pablo-escobar-el-patron-del-mal\/","title":{"rendered":"Pablo Escobar: El Patron del Mal"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_5093\" aria-describedby=\"caption-attachment-5093\" style=\"width: 253px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5093\" title=\"pablo-escobar\" src=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/pablo-escobar-1.jpeg\" alt=\"\" width=\"253\" height=\"320\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5093\" class=\"wp-caption-text\">premi\u00e8re arrestation d&#8217;Escobar qui sourit au photographe de la police<\/figcaption><\/figure>\n<p>En ayant pass\u00e9 plus d&#8217;un mois et demi en Colombie, dont plus d\u2019une semaine \u00e0 Medellin, il m\u2019\u00e9tait difficile de totalement \u00e9clipser ce sujet. Avant de d\u00e9buter cet article, qui me para\u00eet important pour situer d\u2019o\u00f9 revient la Colombie, je souhaite r\u00e9it\u00e9rer la stup\u00e9faction que j\u2019ai eue en d\u00e9couvrant les progr\u00e8s faits par le pays au cours des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais pour comprendre\u00a0 mon incr\u00e9dulit\u00e9 en d\u00e9couvrant Medellin et sa douceur de vivre, il faut revenir quelques ann\u00e9es en arri\u00e8re pour comprendre le pass\u00e9 de cette ville, symbole\u00a0aujourd\u2019hui de la renaissance colombienne.<br \/>\nNe tournons pas autour du pot et entrons dans le vif du sujet. Aucun seigneur de la drogue mieux que Pablo Escobar ne peut symboliser la descente aux enfers du pays, \u00e0 laquelle il a largement contribu\u00e9e. L\u2019histoire de Pablo Escobar ressemble \u00e0 un film noir hollywoodien. Drogue, explosifs, armes, sport, filles\u2026\u00a0 tout les \u00e9l\u00e9ments d\u2019un parfait sc\u00e9nario sont r\u00e9unis.<\/p>\n<p>Pourtant les faits que je vais vous relater ne sont pas du cin\u00e9ma\u00a0; ils sont tous r\u00e9els et se sont d\u00e9roul\u00e9s en Colombie durant la seconde moiti\u00e9 du XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Pablo Escobar Graviri n\u00e9 dans un village de la r\u00e9gion d\u2019Antioquia, d\u2019une m\u00e8re institutrice et d\u2019un p\u00e8re paysan. D\u00e8s la maternelle, \u00e0 la question \u00ab\u00a0que veux tu faire plus tard\u00a0?\u00a0\u00bb, il r\u00e9pond \u00ab\u00a0devenir riche\u00a0\u00bb. Il d\u00e9bute d\u00e8s 14 ans une carri\u00e8re de voleur de voiture puis de pierres tombales qu\u2019il revend apr\u00e8s les avoir ponc\u00e9es.<br \/>\nArriv\u00e9 \u00e0 Medellin, il se met au service du contrebandier Alvaro Prieto et commet des enl\u00e8vements de cadres de la ville qu\u2019il lib\u00e8re contre ran\u00e7ons. La coca\u00efne dont les m\u00e9rites furent un temps vant\u00e9s par des m\u00e9decins (dont Sigmund Freud), et qui fut utilis\u00e9e dans la fabrication de produits alimentaires comme les vins Mariani en France, ou le Coca Cola aux Etats Unis, a depuis 1920 \u00e9t\u00e9 interdite. A l\u2019aube des ann\u00e9es 80 elle n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9e comme un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 cette p\u00e9riode que le jeune Pablo rencontre dans une boite de Medellin un jeune am\u00e9ricain, venu en Colombie pour acheter une cargaison de poudre blanche. Pablo ne conna\u00eet alors rien au narco trafic, mais il le met en contact avec des connaissances \u00e0 lui et en profite pour encaisser une grasse commission. Il comprend imm\u00e9diatement le potentiel de ce trafic d\u2019un nouveau genre, qui ne fait pas encore la une des journaux.<\/p>\n<p>En 1974 apr\u00e8s avoir assassin\u00e9 un baron local de la drogue, Pablo vient juste de se lancer dans ce nouveau business lorsqu\u2019il se fait arr\u00eater avec ses hommes en possession de 14kg de cocaine. Il parvient \u00e0 corrompre les agents qui l\u2019ont arr\u00eat\u00e9 ce qui permet l\u2019abandon des charges qui p\u00e8sent contre lui.\u00a0Il comprend alors ce que l\u2019argent peut faire, et adopte la devise qui le suivra jusqu\u2019\u00e0 la mort\u00a0: \u00ab\u00a0plata o plomo\u00a0\u00bb &#8211; \u00ab\u00a0de l\u2019argent ou du plomb\u00a0\u00bb. Les personnes qui se mettent sur sa route, si elles refusent l\u2019argent qu\u2019il leur offre, sont syst\u00e9matiquement abattues.<br \/>\nLa consommation de coca\u00efne prend de l\u2019ampleur aux USA sans que les autorit\u00e9s am\u00e9ricaines s\u2019en \u00e9meuvent. Nous sommes au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 et les Etats Unis sont embourb\u00e9s au Vietnam. Face au succ\u00e8s grandissant de ce que la jeunesse dor\u00e9e de Manhattan surnomme d\u00e9j\u00e0 la coke, la demande augmentent rapidement suivie par une envol\u00e9 des prix.<\/p>\n<p>Pablo Escobar met en place une organisation qu\u2019il pr\u00e9nomme le cartel de Medellin. Elle se sp\u00e9cialise dans l\u2019acheminement de la drogue de l\u2019Am\u00e9rique du Sud, o\u00f9 elle est produite, jusqu\u2019au Etats Unis. Face au juteux march\u00e9 que repr\u00e9sente le business de la poudre, des concurrents apparaissent dans la lign\u00e9 de l\u2019organisation d\u2019Escobar dont le plus important\u00a0: le cartel de Cali.<\/p>\n<p>Les deux cartels se lancent dans une guerre sans merci. Torture, assassinats, attaques \u00e0 la bombe\u2026 les rues colombiennes se transforment en une zone de guerre sans merci. Pablo Escobar avec son cartel est devenu multimillionnaire. Son r\u00e9seau a des ramifications jusqu\u2019en Europe et en Asie, o\u00f9 il exporte du produit utilisant des flottes d\u2019avions, d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res et de sous-marins, qu\u2019il s\u2019est constitu\u00e9 pour acheminer sa marchandise.<\/p>\n<p>A la m\u00eame \u00e9poque, les narco trafiquants d\u00e9couvrent et commercialisent le crack, un sous produit de la coca\u00efne, beaucoup plus nocif, et qui provoque une addiction forte et quasi-instantan\u00e9e. Beaucoup moins cher que sa cousine la coca\u00efne, la population vis\u00e9e n\u2019est plus la m\u00eame et sa p\u00e9n\u00e9tration des rues nord am\u00e9ricaines est fulgurante. Le probl\u00e8me du crack devient rapidement un probl\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure aux Etats-Unis, qui voit les chiffres de la violence et des homicides augmenter exponentiellement. \u00a0Le pr\u00e9sident des Etats-Unis de l\u2019\u00e9poque, un certain Georges Bush Senior, s\u2019empare du sujet et fait de l\u2019\u00e9radication de ce fl\u00e9au une priorit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>A l\u2019aube de 1990, la situation en Colombie est celle d\u2019un pays en guerre. Le taux d\u2019homicide est de 400 personnes \/ 100 000 habitants \/ ans, le plus haut du monde, et jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui jamais \u00e9gal\u00e9. Pourtant Pablo Escobar g\u00e8re son trafique comme une entreprise traditionnelle, disposant de bureaux en plein centre ville.\u00a0Son style de vie est de plus en plus surr\u00e9aliste, il collectionne les voitures anciennes et de luxe, ach\u00e8te une immense hacienda dans les environs de\u00a0Medellin o\u00f9 il construit un zoo dans lequel il fait venir des centaines d\u2019animaux exotiques dont des z\u00e8bres et des hippopotames. En 1989, il est class\u00e9 7<sup>\u00e8me<\/sup> homme le plus riche du monde avec une fortune estim\u00e9 \u00e0 25 milliards de dollars par le magasine Forbes. Le cartel de Medellin contr\u00f4le \u00e0 cette p\u00e9riode pr\u00e8s de 80% du traffic \u00a0mondial de coca\u00efne et Escobar r\u00e8gne en maitre sur la ville. Il poss\u00e8de une flotte de 300 avions, \u00e0 acheter une archipel d\u2019\u00eeles dans les cara\u00efbes dont il se sert de base logistique pour ses envoies aux USA. Sur place il a fait construire un a\u00e9roport, des h\u00f4tels pour servir de fa\u00e7ade \u00e0 ses activit\u00e9s, mais aussi des entrep\u00f4ts frigorifi\u00e9s pour conserver la marchandise. Son r\u00e9seau est consid\u00e9r\u00e9 comme le plus s\u00e9curitaire pour envoyer de la marchandise aux Etats Unis et bien que pratiquant des prix plus \u00e9lev\u00e9s que ses principaux concurrents, l&#8217;immense majorit\u00e9 de la coca\u00efne mondiale transite par son organisation.<\/p>\n<p>Les Etats Unis, en prise avec un regain de violence sur leur territoire par les addicts au crack de plus en plus nombreux , d\u00e9p\u00eachent une \u00e9quipe pour assister les autorit\u00e9s colombiennes dans leur traque. Escobar, qui se sent menac\u00e9 et craint une expulsion vers les Etats Unis, d\u00e9cide de se lancer dans la politique en se pr\u00e9sentant aux \u00e9lections l\u00e9gislatives. Soutenu par la minorit\u00e9 la plus pauvre, dont il est issu et qu\u2019il continue \u00e0 soutenir tout au long de sa carri\u00e8re de trafiquant, il est \u00e9lu au parlement colombien.<\/p>\n<p>Le ministre de la justice de l\u2019\u00e9poque, Rodrigo Lara, r\u00e9v\u00e8le alors publiquement l\u2019origine de la fortune du trafiquant et ordonne \u00e0 la police de lui interdire l\u2019entr\u00e9e \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e. Escobar, qui fait d\u00e9j\u00e0 la loi dans Medellin est furieux. Il d\u00e9clare la guerre au gouvernement qu\u2019il accuse de ne pas respecter la d\u00e9mocratie. Trois jours plus tard, des tueurs \u00e0 moto abattent le ministre de la justice colombien \u00a0en pleine rue.<\/p>\n<p>La chasse contre lui prend une nouvelle tournure\u00a0: les autorit\u00e9s d\u00e9ploient d\u2019importants moyens pour l\u2019arr\u00eater et acceptent l\u2019aide directe des Etats Unis pour les assister \u00e0 cette tache. Escobar, qui craint une extradition vers les Etats Unis plus que la mort lance des campagne d\u2019attentats sans pr\u00e9c\u00e9dent \u00e0 travers le pays\u00a0: une bombe frappe El Observo, le principal quotidien du pays, qui le critique ouvertement\u00a0: l\u2019attentat fait 130 morts. Il s\u2019attaque ensuite au DEA, un d\u00e9tachement sp\u00e9cial de la police colombienne charg\u00e9 de l\u2019appr\u00e9hender. Le lendemain de sa cr\u00e9ation\u00a0; il annonce qu\u2019il tuera en 7 jours plus de la moiti\u00e9 de ces membres. Une semaine plus tard, il a tenu parole et 17 des 34 membres de l\u2019\u00e9quipe ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s, la moiti\u00e9 d\u2019entre eux dans un attentat \u00e0 la voiture pi\u00e9g\u00e9 en plein c\u0153ur de Bogota.<\/p>\n<p>Il s\u2019en prend ensuite aux candidats \u00e0 la pr\u00e9sidentielle colombienne, qui ont tous dans leur programme, la promesse d\u2019\u00e9radiquer le narco trafic. Sur 5 candidats, 3 sont tu\u00e9s par balles par les tueurs \u00e0 gage d\u2019Escobar. Le pr\u00e9sident en charge C\u00e9sar Gaviria r\u00e9chappe \u00e0 un attentat \u00e0 la bombe gr\u00e2ce \u00e0 un retard de 5 minutes \u00e0 l\u2019a\u00e9roport qui lui fait rater son vol. L\u2019avion d\u2019Avianca et les 145 passagers qui sont \u00e0 bord sont tous tu\u00e9s lors de l\u2019explosion de l\u2019appareil.<br \/>\nSe servant des division politique, Escobar parvient \u00e0 gagner de l\u2019influence sur un groupe paramilitaire qu\u2019il contribue \u00e0 financer\u00a0: les M-19. Alors que les juges de la cours supr\u00eame colombienne \u00e9mettent un mandat d\u2019arr\u00eat \u00e0 son \u00e9gard, les paramilitaires lancent une op\u00e9rations aussi spectaculaire que folle\u00a0: arm\u00e9s de lances roquettes et de v\u00e9hicules blind\u00e9s financ\u00e9s par le baron de la drogue, ils attaquent la cours supr\u00eame de Colombie, situ\u00e9e sur la place principale de Bogota, juste en face du palais pr\u00e9sidentiel. Les tanks de l\u2019arm\u00e9e colombienne couverts par des h\u00e9licopt\u00e8res de combat sont envoy\u00e9s en renfort. L\u2019assaut se termine en bain de sang. 120 personnes sont tu\u00e9es dont 13 des 20 juges de la cours supr\u00eame colombienne.<\/p>\n<p>En 1991, pour alimenter encore d\u2019avantage le climat de terreur et effrayer les autorit\u00e9s, Escobar promet une prime de 1000 dollars \u00e0 quiconque abat un agent de police. En moins d\u2019un an, 600 agents sont assassin\u00e9s dans la seule ville de Medellin, et le taux d\u2019homicides pour cette ville de 2,5 millions d\u2019habitants s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 27 000 morts pour cette seule ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les r\u00e9solutions prises au sommet antidrogue de 1990, les \u00e9quipes colombo am\u00e9ricaines ne parviennent pas \u00e0 neutraliser Escobar. Une n\u00e9gociation pour le pousser \u00e0 se rendre est alors entreprise. Escobar accepte de se rendre sous des conditions strictes\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>modification de la constitution colombienne pour interdire l\u2019extradition de ses ressortissants vers des pays tiers<\/li>\n<li>peine r\u00e9duite pour Escobar et ses complices<\/li>\n<li>d\u00e9tention d\u2019Escobar et de ses complices dans une prison sp\u00e9cialement dessin\u00e9e, construite, financ\u00e9e\u00a0par lui<\/li>\n<li>interdiction \u00e0 la police colombienne de p\u00e9n\u00e9trer dans un p\u00e9rim\u00e8tre de s\u00e9curit\u00e9 autour de cette nouvelle prison surnomm\u00e9e La Cath\u00e9drale<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour mettre la pression sur l\u2019opinion, Escobar lance apr\u00e8s avoir pos\u00e9 ses conditions, une vaste campagne d\u2019attentats dans les grandes villes du pays. Quelques jours plus tard, ses conditions sont accept\u00e9es sans condition. Le 4 juillet 1991, le parlement ratifie la nouvelle constitution interdisant l\u2019extradition des ressortissants colombiens. Le m\u00eame jour, Escobar se rend aux autorit\u00e9s au cours d\u2019une conf\u00e9rence hautement m\u00e9diatique.<\/p>\n<p>Il est enferm\u00e9 \u00e0 La Cath\u00e9drale mais poursuit ses activit\u00e9s criminelles depuis ce nouveau QG s\u00e9curis\u00e9, organisant parties fines et matchs de foot avec l\u2019\u00e9quipe nationale; il fait m\u00eame assassiner plusieurs de ces d\u00e9tracteurs sur place. Mi-1992, le gouvernement colombien d\u00e9cide de le transf\u00e9rer vers une autre prison, mais avant que les autorit\u00e9s mettent la main sur lui, Pablo Escobar qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venu de ces intentions s\u2019\u00e9vade. Sa t\u00eate est alors mise \u00e0 prix pour 10 millions de dollars.<\/p>\n<p>Il joue au chat et \u00e0 la souris pendant\u00a0 plus de 6 mois avec les autorit\u00e9s, la CIA et les autres cartels qui tentent de l\u2019assassiner. Les ennemis d\u2019Escobar sont extr\u00eamement nombreux et un groupe h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne qui les regroupe voit le jour\u00a0: Los Pepes pour Perseguidos Por Pablo Escobar. L\u2019organisation regroupe les ennemis historiques ainsi que d\u2019anciens associ\u00e9s, d\u00e9chus du cartel de Medellin. Elles utilisent les m\u00eames m\u00e9thodes que leur ennemi, dont la torture, le d\u00e9membrement, les assassinats et les attentats. Ils b\u00e9n\u00e9ficient secr\u00e8tement du financement du cartel de Cali, et des informations des services secrets am\u00e9ricains qui voient en eux d\u2019improbables, mais d&#8217;efficaces alli\u00e9s. Los Pepes s\u2019attaquent \u00e0 toutes les personnes soup\u00e7onn\u00e9es de gravit\u00e9 autour d\u2019Escobar incluant ses hommes de main, ses amis, ses avocats\u2026 Sur chaque corps retrouv\u00e9, ils accrochent \u00e0 leur cou un sinistre pancarte \u00ab\u00a0Los Pepes\u00a0\u00bb. En 1993, ils font part de leurs intentions de s\u2019attaquer directement \u00e0 la famille d\u2019Escobar qui tente sans succ\u00e8s de fuir vers l\u2019Europe. Accul\u00e9, il est finalement localis\u00e9 par la police et abattu sur le toit d\u2019une maison d\u2019un quartier r\u00e9sidentiel de Medellin le 2 d\u00e9cembre 1993.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sa mort, le cartel de Medellin disparait et le cartel de Cali prend rapidement la place de num\u00e9ro un, jusqu&#8217;\u00e0 son d\u00e9mant\u00e8lement en 1995 et l&#8217;extradition de ses dirigeants vers les Etats-Unis. Les autorit\u00e9s consid\u00e8rent que la disparition des cartels en Colombie a d\u00e9truit 1 millions d&#8217;emplois directs (li\u00e9s directement au traffic de drogue), et 3 millions d&#8217;emplois indirects, principalement des Colombiens employ\u00e9s dans des entreprises \u00e9crans utilis\u00e9es pour blanchir l&#8217;argent, ces personnes n&#8217;ayant la plupart du temps aucune id\u00e9e des liens entre leur entreprise et le traffic de drogue.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui le business de la drogue est beaucoup moins centralis\u00e9 et il est pass\u00e9 des mains des cartels \u00e0 celles des gangs, principalement bas\u00e9s au Mexique. La Colombie, quand \u00e0 elle, s&#8217;est livr\u00e9e \u00e0 un difficile exercice de nettoyage de son lourd pass\u00e9. Le business de la drogue ayant destabilis\u00e9 l&#8217;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, la route est encore longue, mais les progr\u00e8s d\u00e9j\u00e0 fait, comme ceux que j&#8217;ai pu observer \u00e0 Medellin, sont stup\u00e9fiants et laissent optimistes quand \u00e0 l&#8217;avenir.<\/p>\n<p>Pour conclure cet article, j&#8217;attache cette vid\u00e9o qui est un reportage mettant en parall\u00e8le deux Colombiens. Ils sont contemporains l&#8217;un de l&#8217;autres et se connaissaient de leur vivant. Ils portent tout les deux le m\u00eame nom: Escobar, ils n&#8217;ont pourtant aucun lien de parent\u00e9 et tous les opposent. Le premier, Pablo Escobar, \u00e9tait marchand de mort; le second, Andr\u00e9s, a offert du r\u00eave \u00e0 ces compatriotes et redorer l&#8217;image de son pays \u00e0 l&#8217;international \u00e0 travers le foot. Alors que Pablo tombait sous les balles de la police, Andr\u00e9s s&#8217;effondrait sous les balles de narcos \u00e9m\u00e9ch\u00e9s, anciennement alli\u00e9s \u00e0 Pablo. Un superbe documentaire qui retrace, \u00e0 travers le prisme du football, l&#8217;histoire tumultueuse du pays. Prenez le temps de le regarder, il en vaut la peine.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">[youtube N1VBawGN85Y]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En ayant pass\u00e9 plus d&#8217;un mois et demi en Colombie, dont plus d\u2019une semaine \u00e0 Medellin, il m\u2019\u00e9tait difficile de &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[37,41,51,54,78,154,161,231],"tags":[],"class_list":["post-5091","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colombie","category-corruption","category-drogue","category-economie","category-guerilla","category-pelle-mele","category-police","category-violence"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5091","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5091"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5091\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7804,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5091\/revisions\/7804"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5091"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5091"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5091"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}