{"id":4655,"date":"2012-08-17T19:42:46","date_gmt":"2012-08-17T18:42:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lespassengers.com\/?p=4655"},"modified":"2012-08-17T19:42:46","modified_gmt":"2012-08-17T18:42:46","slug":"urgent-faire-une-declaration-de-vol-a-puerto-lopez-en-equateur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/2012\/08\/17\/urgent-faire-une-declaration-de-vol-a-puerto-lopez-en-equateur\/","title":{"rendered":"Faire une d\u00e9claration de vol \u00e0 Puerto Lopez, en Equateur&#8230;"},"content":{"rendered":"<p>[hop]<br \/>\n<figure id=\"attachment_4838\" aria-describedby=\"caption-attachment-4838\" style=\"width: 342px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4838  \" title=\"vol_declaration_test\" src=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/vol_declaration_test-712x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"342\" height=\"491\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4838\" class=\"wp-caption-text\">d\u00e9claration de vol en Equateur<\/figcaption><\/figure><br \/>\nApr\u00e8s m&#8217;\u00eatre fait voler mes affaires dans le bus m&#8217;amenant \u00e0 Guayaquil, j&#8217;ai choisi de ne pas perdre de temps et de ne pas me lancer dans des recherches vaines et st\u00e9riles, afin de continuer ma route sans perdre de temps en direction de Puerto Lopez. J&#8217;arrive sur place \u00e0 la nuit tomb\u00e9e et mets le soir m\u00eame ma carte en opposition. Le lendemain matin, apr\u00e8s un petit dej. en bordure de mer (je vais quand m\u00eame pas me laisser abattre pour pour un stupide vol de portefeuille&#8230;), je me motive pour aller faire \u00e9tablir une d\u00e9claration de vol aupr\u00e8s de la police locale; l&#8217;aventure ne fait que commencer&#8230;<br \/>\nPuerto Lopez est un petit village sur la c\u00f4te pacifique \u00e9quatorienne. Il a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 aux brochures touristiques depuis que le bruit a couru que des baleines \u00e0 bosse passaient une partie de l&#8217;\u00e9t\u00e9 le long de ses c\u00f4tes. Malgr\u00e9 l&#8217;augmentation sensible de l&#8217;activit\u00e9 touristique, gu\u00e8re plus d&#8217;une cinquantaine de touristes arrivent sur place chaque jour, conservant \u00e0 Puerto Lopez un visage de village de p\u00eacheurs endormi. Apr\u00e8s 15 minutes d&#8217;errance \u00e0 travers la dizaines de rues de la ville, et n&#8217;ayant toujours pas trouv\u00e9 le bureau de police, j&#8217;entre dans le bureau d&#8217;informations touristiques du village. Un homme derri\u00e8re un bureau m&#8217;explique que le si\u00e8ge de la police se trouve \u00e0 seulement trois rues d&#8217;ici, mais qu&#8217;il est difficile \u00e0 trouver. Il demande \u00e0 une coll\u00e8gue \u00e0 lui de m&#8217;accompagner. Nous remontons trois pat\u00e9s de maisons plus au Nord, et nous arr\u00eatons en face d&#8217;un b\u00e2timent bleu en construction; \u00a0sur la fa\u00e7ade, un panneau indique &#8220;Cabinet Dentaire&#8221;.<br \/>\nPass\u00e9 le moment de surprise, je monte au premier \u00e9tage et poussant une porte dans le couloir, derri\u00e8re laquelle je d\u00e9couvre deux fauteuils de dentistes. Perplexe, \u00a0je commence \u00e0 me \u00a0demander s&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une salle d&#8217;interrogatoire locale, lorsque apparait un homme en blouse blanche. Il n&#8217;a \u00e0 premi\u00e8re vue rien d&#8217;un tortionnaire et raccompagne \u00e0 la porte une vieille dame qui ajuste son dentier. Aussi surpris que moi de me trouver l\u00e0, il me pointe du doigt une mont\u00e9e d&#8217;escalier sans rambarde et me dit que le bureau de la police se trouve \u00e0 l&#8217;\u00e9tage du dessus.<br \/>\nJe grimpe les 10 marches et trouve au fond d&#8217;un minuscule couloir une pi\u00e8ce o\u00f9 sont align\u00e9s deux bureaux. Derri\u00e8re le premier, une femme enrob\u00e9e lit un roman affal\u00e9e dans un fauteuil. En me voyant, elle se contorsionne pour se cacher derri\u00e8re l&#8217;\u00e9cran de son ordinateur, sans m\u00eame lever les yeux de la page qu&#8217;elle est en train de lire. Derri\u00e8re le second bureau, un petit homme nerveux est en pleine discussion avec une famille de 5 personnes. Dans le couloir 3 personnes attendent leur tour. Je commence \u00e0 me poser la question de savoir si je suis au bon endroit, lorsque mon regard tombe sur un poster dans le couloir et intitul\u00e9 &#8220;Most Wanted in Ecuador&#8221;. Sous ce titre accrocheur, les portraits de 8 gugus aux visages peu amicaux me contemplent, avec en l\u00e9gende de chacune des photos, nom, surnom et crimes pour lesquels ces petits anges sont recherch\u00e9s. &#8220;Meurtres&#8221;, &#8220;viols et meurtres&#8221;, &#8220;extorsion de fonds et meurtres&#8221;, &#8220;actes de barbarie&#8221;&#8230; la liste peut inqui\u00e9ter, mais en la voyant, c&#8217;est plus un sentiment rassurant qui m&#8217;envahit: j&#8217;ai enfin trouv\u00e9 le bureau de police de la ville!<br \/>\nJe patiente sagement 25 minutes dans le couloir, tandis que la conversation dans le bureau s&#8217;\u00e9ternise. Alors que le ton commence \u00e0 monter, l&#8217;homme derri\u00e8re le bureau \u00a0sort dans le couloir. Il porte un costume jaune, les jambes de son pantalon sont \u00e9vas\u00e9es et se terminent en pattes d&#8217;\u00e9l\u00e9phant dans la plus pure tradition Beattles. Il a une paire de mocassins pointus, qui ferait mourir d&#8217;envie m\u00eame le plus rabiz des Hayastansis. Alors qu&#8217;il s&#8217;approche de moi pour me serrer la main comme il le ferait avec un vieil ami, mon regard bloque sur sa cravate. Elle est encore plus jaune que son costume, mais ce sont surtout les motifs qu&#8217;elle arbore qui me rappellent vaguement quelques choses&#8230; mais bien s\u00fbr, ce sont les logos de la c\u00e9l\u00e8bre marque de bi\u00e8re mexicaine: La Corona!<br \/>\nEn plus de ses multiples attributions, mon beattle \u00e9quatorien me confirme qu&#8217;il est aussi officier de police et qu&#8217;il peut prendre ma d\u00e9claration. Il me fait comprendre que la discussion dans son bureau risque de s&#8217;\u00e9terniser, et il m&#8217;encourage \u00e0 aller faire un tour et \u00e0 revenir plus tard. Lorsque je reviens une heure plus tard, la famille est partie, mais a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par deux hommes d&#8217;une quarantaine d&#8217;ann\u00e9es, qui ont pris leur place dans les chaises de jardin en plastique blanc. Je tends l&#8217;oreille et d&#8217;\u00e9coute leur conversation pour m&#8217;occuper. Mon espagnol montre vite ses limites, et je manque certains d\u00e9tails de la joute verbale, mais je comprends qu&#8217;il s&#8217;agit de trouver un accord \u00e0 l&#8217;amiable concernant un litige financier. La discussion va bon train et l&#8217;officier de police jaune fluo fait office de juge de paix lorsque l&#8217;ambiance s&#8217;\u00e9lectrise. La chaleur de l&#8217;apr\u00e8s midi \u00e9quatorienne est \u00e9touffante mais\u00a0la sc\u00e8ne \u00e0 laquelle j&#8217;assiste est divertissante et je ne vois pas s&#8217;\u00e9couler les 45 minutes que je passe \u00e0 attendre assis dans le couloir.<br \/>\nAlors qu&#8217;ils finissent par trouver un accord, je suis invit\u00e9 \u00e0 entrer dans le bureau. Style latino oblige, les deux plaignants qui viennent de s&#8217;\u00e9chauffer pendant plus d&#8217;une heure quittent la pi\u00e8ce en me serrant la main, et me souhaitent &#8220;Suerte&#8221;. Mais &#8220;bonne chance&#8221; pourquoi au juste?<br \/>\nJe prends place dans une chaise de jardin tandis que le policier sort une feuille vierge A4 et la pose devant lui. Il prend ma pi\u00e8ce d&#8217;identit\u00e9, s&#8217;appr\u00eate \u00e0 \u00e9crire mon nom sur la feuille de papier, lorsqu&#8217;il s&#8217;aper\u00e7oit qu&#8217;il n&#8217;a pas de stylo. Il regarde dans tous les tiroirs de son bureau, mais aucun des 3 bics qu&#8217;il \u00a0\u00e0 essaie ne fonctionnent. Il se tourne alors vers sa coll\u00e8gue, qui apr\u00e8s avoir ) son tour cherch\u00e9 durant 5 minutes dans son sac \u00e0 main lui tend un stylo. Apr\u00e8s avoir regard\u00e9 mon passeport de longues minutes, il rel\u00e8ve les yeux et me demande o\u00f9 o\u00f9 est inscrit mon nom et o\u00f9 est inscrit mon pr\u00e9nom. En inscrivant ma date de naissance, je me retrouve soudain rajeuni de 25 ans car il ma date d&#8217;anniversaire avec la date de d\u00e9livrance de mon passeport. Tous ces d\u00e9tails d&#8217;\u00e9tats civils rassembl\u00e9s, il s&#8217;appr\u00eate \u00e0 prendre ma d\u00e9claration lorsque le vil stylo rend l&#8217;\u00e2me. Contrari\u00e9, mon agent de la force publique \u00e9quatorienne me dit que nous allons gagner du temps, en saisissant imm\u00e9diatement la d\u00e9claration sur ordinateur. Je d\u00e9couvre au passage que sa premi\u00e8re id\u00e9e \u00e9tait de saisir la d\u00e9claration sur papier avant de la retranscrire sur informatique&#8230;<br \/>\nUn petit jeu de chaises musicales avec sa coll\u00e8gue et attendu 10 minutes de d\u00e9marrage de PC plus tard, nous sommes fin pr\u00eat pour d\u00e9buter la d\u00e9claration. Il r\u00e9cup\u00e8re sur une cl\u00e9 USB un format de d\u00e9claration de vol et il commence la saisie. En le voyant chercher chacune des lettres sur le clavier, je comprends que l&#8217;exercice va \u00eatre long&#8230; tr\u00e8s long m\u00eame. 10 minutes plus tard, il ach\u00e8ve enfin la saisie de mon nom. Nous entrons alors dans le vif du sujet: le contexte du vol.<br \/>\nJe lui explique que pour connecter la ville de Cuenca \u00e0 Puerto Lopez, il m&#8217;a fallu faire une escale \u00e0 Guayaquil car aucune ligne de bus directe n&#8217;existe. En d\u00e9scendant du premier car, je me suis aper\u00e7u que ma veste contenant mes effets personnels, de l&#8217;\u00e9lectronique et ma carte de cr\u00e9dit avait disparu. Il tape sur le clavier ce que je lui dicte lorsque son regard se rel\u00e8ve brusquement:<\/p>\n<blockquote><p><em>&#8211; Mais alors, vous vous \u00eates fait d\u00e9rober vos affaires dans le bus entre Cuenca et Guayaquil<\/em><br \/>\n<em>&#8211; Euh&#8230; oui c&#8217;est bien cela<\/em><br \/>\n<em>&#8211; Ah mais alors on ne peut pas \u00e9tablir la d\u00e9claration de vol ici, nous ne sommes pas sur la m\u00eame division administrative, je ne peux pas prendre votre d\u00e9claration<\/em><br \/>\n<em>&#8211; Que dois-je faire alors, j&#8217;ai besoin d&#8217;une d\u00e9claration de vol pour mon assurance?<\/em><br \/>\n<em>&#8211; Il faut que vous retournier \u00e0 Guayaquil (\u00e0 5 heures de route d&#8217;ici &#8211; ndlr)<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Habitu\u00e9 depuis 2 ans aux administrations folkloriques, sa r\u00e9action ne me surprend pas et me d\u00e9croche m\u00eame un sourire. Je lui r\u00e9ponds imm\u00e9diatement<\/p>\n<blockquote><p><em>&#8211; Si le vol avait eu lieu sur la ligne Guyaquil &#8211; Puerto Lopez, est-ce que j&#8217;aurais pu faire la d\u00e9claration ici<\/em><br \/>\n<em>&#8211; Oui car c&#8217;est la m\u00eame r\u00e9partition administrative<\/em><br \/>\n<em>&#8211; Ah et bien je me suis tromp\u00e9, en fait c&#8217;\u00e9tait dans le second bus, je me suis aper\u00e7u du vol dans le second bus<\/em><br \/>\n<em>&#8211; Vous \u00eates s\u00fbr, mais vous m&#8217;avez dit il y a quelques instants que&#8230;<\/em><br \/>\n<em>&#8211; Oui oui, je me suis tromp\u00e9; vous savez, mon espagnol est tr\u00e8s moyen&#8230;<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Et voil\u00e0 le probl\u00e8me r\u00e9gl\u00e9. Nous continuons avec la r\u00e9daction de la d\u00e9claration, ce qui prend plus de 45 minutes pour r\u00e9diger moins de 15 lignes. La d\u00e9claration termin\u00e9e, il r\u00e9cup\u00e8re la m\u00eame cl\u00e9 usb et copie le fichier word dessus. Je ne comprends pas tout de suite pourquoi, mais lorsque je le vois se lever et chausser ses lunettes de soleil, j&#8217;imagine le plus dr\u00f4le&#8230; et j&#8217;ai raison. Il me demande de le suivre. Nous sortons du bureau et nous rendons 4 blocs plus loin dans un internet caf\u00e9. Il tend la cl\u00e9 USB \u00e0 la femme derri\u00e8re le guichet, qui ne semble pas surprise de le voir. Il me demande aussi de leur passer mon passeport. Nous repartons quelques minutes plus tard avec une copie papier de la d\u00e9claration de vol et une photocopie de mon passeport. Dans l&#8217;agitation, je parviens \u00e0 \u00e9viter de payer la facture en pr\u00e9tendant ne plus avoir de cash depuis le vol (ce qui est faux mais tant pis&#8230;). Sur le chemin du retour, il m&#8217;explique qu&#8217;ils n&#8217;ont pas d&#8217;imprimante au poste de police, et qu&#8217;il est oblig\u00e9 d&#8217;aller \u00e0 l&#8217;internet caf\u00e9 du coin plusieurs fois par jour pour effectuer les impressions.<br \/>\nApr\u00e8s avoir appos\u00e9 des tampons rouges et bleus sur la d\u00e9claration de vol, il me sert la main en me disant qu&#8217;il transmettra la d\u00e9claration au bureau de Guayaquil pour qu&#8217;une enqu\u00eate soit faite. En quittant le bureau, je regarde l&#8217;ordinateur et m&#8217;aper\u00e7ois qu&#8217;en plus de ne pas avoir d&#8217;imprimante, l&#8217;unit\u00e9 centrale ne dispose pas non plus de connexion r\u00e9seau. Qu&#8217;importe j&#8217;ai le papier qu&#8217;il me faut pour mon assurance.<br \/>\nJe redescendant les escaliers tout en riant \u00e0 haute voix. Plus d&#8217;un mois s&#8217;est \u00e9coul\u00e9 depuis, mais je n&#8217;ai aucun doute sur le fait que l&#8217;enqu\u00eate suit son cours et qu&#8217;elle est entre de bonnes mains&#8230; \ud83d\ude09<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[hop] Apr\u00e8s m&#8217;\u00eatre fait voler mes affaires dans le bus m&#8217;amenant \u00e0 Guayaquil, j&#8217;ai choisi de ne pas perdre de &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[60,83,125,161,167],"tags":[],"class_list":["post-4655","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-equateur","category-humour","category-misc","category-police","category-puerto-lopez"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4655","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4655"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4655\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4655"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}