{"id":4090,"date":"2012-06-11T02:18:10","date_gmt":"2012-06-11T01:18:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lespassengers.com\/?p=4090"},"modified":"2021-06-03T13:24:19","modified_gmt":"2021-06-03T13:24:19","slug":"sucre-un-peu-de-douceur-dans-un-monde-de-brutes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/2012\/06\/11\/sucre-un-peu-de-douceur-dans-un-monde-de-brutes\/","title":{"rendered":"Sucre &#8211; Un peu de douceur dans un monde de brutes&#8230;"},"content":{"rendered":"<p>\u00a0<\/p>\n<figure id=\"attachment_4095\" aria-describedby=\"caption-attachment-4095\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"    wp-image-4095 \" title=\"IMG_3432_test\" src=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/IMG_3432_test-682x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"601\" srcset=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/IMG_3432_test-682x1024.jpg 682w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/IMG_3432_test-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/IMG_3432_test-768x1152.jpg 768w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/IMG_3432_test.jpg 853w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4095\" class=\"wp-caption-text\">La ville blanche et les fa\u00e7ades des immeubles officiels qui vont avec&#8230;<\/figcaption><\/figure>\n<p><br \/>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 4 jours \u00e0 Potossi, l&#8217;ambiance de la ville, sa haute altitude et surtout la visite de ses mines et de leurs conditions dantesques de travail, l&#8217;envie pressente de reprendre la route m&#8217;a prise. J&#8217;avais entendu parler de Sucre, une ville r\u00e9put\u00e9e comme paisible, situ\u00e9e \u00e0 seulement 2780 m\u00e8tres d&#8217;altitude, une paille pour la Bolivie.\u00a0Le climat y est plus cl\u00e9ment, le cadre de vie plus agr\u00e9able&#8230; fini la poussi\u00e8re des rues d&#8217;Uyuni ou le trafic insens\u00e9 de Potossi. Sucre est une ville aux b\u00e2timents d&#8217;un blanc immacul\u00e9, \u00e9tonnement propre et ordonn\u00e9e, et qui b\u00e9n\u00e9ficie du statut de capitale constitutionnelle du pays.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4094\" aria-describedby=\"caption-attachment-4094\" style=\"width: 750px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"   wp-image-4094 size-large\" title=\"IMG_3435_test\" src=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/IMG_3435_test-1024x682.jpg\" alt=\"\" width=\"750\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/IMG_3435_test-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/IMG_3435_test-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/IMG_3435_test-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/IMG_3435_test.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4094\" class=\"wp-caption-text\">Mercado Central, Sucre &#8211; mon endroit pr\u00e9f\u00e9r\u00e9&#8230;<\/figcaption><\/figure>\n<p><br \/>Arriv\u00e9 sur place je fais la connaissances de plusieurs backpackers, ayant tous \u00e9tablis domicile \u00e0 l&#8217;hostel Pachamama: un grand jardin, une cuisine super \u00e9quip\u00e9e, des chambres spacieuses et sporadiquement de l&#8217;eau chaude, que demander de plus pour 4,5 euros? Tous ces joyeux voyageurs sont ici depuis plusiseurs jours, plusieurs semaines pour certains, voir plusieurs mois\u00a0pour deux d&#8217;entre eux. Ils occupent leur temps entre cours d&#8217;Espagnol ou b\u00e9n\u00e9volat dans des associations; les deux plus extr\u00eames ont carr\u00e9ment trouv\u00e9 un boulot sur place: barmans au Bibliocaf\u00e9, un bar branch\u00e9 de la ville. Ils sont pay\u00e9s 20 bolivianos soit 2 euros la soir\u00e9e: pas de quoi se renflouer, mais ils se marrent bien et terminent toutes les nuits sans exception dans un karaok\u00e9 de la ville.<br \/>L&#8217;un est N\u00e9o Z\u00e9landais, les bras recouverts de tatouages, le second est Kenyan. Ils sont ici depuis deux mois et sont devenus les mascotes d&#8217;un karaok\u00e9 bar. A chaque fois qu&#8217;ils franchissent sa porte, la musique de Ganstar Paradise de Coolio r\u00e9sonne. Leur show est bien rod\u00e9 et le public bolivien leur est tout acquis. Je reviens trois soirs de suite dans ce karaok\u00e9, et \u00e0 chaque fois, j&#8217;ai l&#8217;impression que c&#8217;est un replay de la soir\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<br \/>Les deux premiers jours \u00e0 Sucre me donnent l&#8217;occasion de me vider la t\u00eate du souvenir marquant des mineurs de Potossi et des difficult\u00e9s que j&#8217;ai rencontr\u00e9es sur la route pour arriver jusqu&#8217;ici. Le groupe que nous constituons est \u00e9clectique: Anglais, Allemands, Fran\u00e7ais, N\u00e9o-Z\u00e9landais, Hollandais&#8230; L&#8217;ambiance est bonne mais au bout de deux soirs, je me rends compte qu&#8217;il est temps de partir. Sucre fait parti de ces endroits qui peuvent facilement retenir les voyageurs plus longtemps qu&#8217;ils ne le pr\u00e9voyaient initialement. Dans un pays o\u00f9 voyager n&#8217;est pas si facile et o\u00f9 beaucoup de villes ressemblent \u00e0 des ghettos, la blancheur immacul\u00e9e du centre ville, son climat agr\u00e9able et la relative sympathie de ses habitants offre un rafraichissant bol d&#8217;air et une halte plaisante. Evidemment le co\u00fbt de la vie sur place, fid\u00e8le aux standards boliviens n&#8217;est pas pour d\u00e9plaire non plus.\u00a0La d\u00e9cision est prise: je renonce \u00e0 prendre des cours d&#8217;espagnol sur place, qui seraient \u00e9t\u00e9 plus un pr\u00e9texte pour me s\u00e9dentariser et je reprends le voyage d\u00e8s le lendemain en direction de La Paz.<br \/><br \/>La route pour aller quelque part \u00e9tant tout aussi importante que la destination elle-m\u00eame, je choisis d&#8217;\u00e9viter l&#8217;asphalte et d&#8217;emprunter une ancienne piste qui traverse la Cordillera Reals, un imposant massif montagneux. La piste est d\u00e9fonc\u00e9e et ses lacets serpentent \u00e0 travers ravins, ruisseaux et cols \u00e0 plus de 4800 m\u00e8tres. J&#8217;ai parfois du mal \u00e0 reprendre mon souffle tant l&#8217;oxyg\u00e8ne se fait rare \u00e0 certains endroits. La Ch\u00e9rie Moya elle aussi montre des signes de faiblesse et arriv\u00e9e \u00e0 4200 m\u00e8tres elle ne d\u00e9passe plus le 50km\/h.<br \/><br \/>Evidemment il n&#8217;y a aucun panneau nulle part et la carte dont je me sers est extr\u00eamement impr\u00e9cise. Alors que je demande ma route dans un village, je me rends compte que la plupart des habitants ne comprennent pas l&#8217;espagnol. Je suis dans une r\u00e9gion indig\u00e8ne o\u00f9 la langue la plus r\u00e9pandue est le Qu\u00e9chua. Pour corser le tout, beaucoup de gens \u00e0 qui je demande ma route ne savent pas lire et n&#8217;arrivent pas \u00e0 d\u00e9chiffrer le nom des villages sur ma carte.\u00a0L&#8217;\u00e9pisode me rappel celui que j&#8217;avais v\u00e9cu en Inde o\u00f9 perdu au milieu de l&#8217;immensit\u00e9 de la campagne indienne j&#8217;avais tourn\u00e9 pendant une journ\u00e9e enti\u00e8re \u00e0 la recherche de mon chemin, sans arriver \u00e0 soutirer la moindre information \u00e0 des locaux qui ne connaissaient que la route menant au village pr\u00e9c\u00e9dent et suivant du hameau o\u00f9 ils vivaient.<br \/><br \/>Alors que je suis engag\u00e9 sur la piste depuis 40 kilom\u00e8tres, la Ch\u00e9rie Moya commence \u00e0 couiner terriblement. Il me reste encore 300 kilom\u00e8tres \u00e0 faire sur ce terrain, \u00e7a promet&#8230; A chacune des mont\u00e9es et des passages de pierriers, mon visage se tend. Les rares fois o\u00f9 je regarde mon reflet dans mon r\u00e9troviseur, j&#8217;ai l&#8217;impression que chaque fois que la Ch\u00e9rie Moya grince, je souffre autant qu&#8217;elle.<br \/><br \/>Le stress commence \u00e0 monter. La piste va de mal en pis et je commence \u00e0 avoir peur de casser une pi\u00e8ce m\u00e9canique. La ville la plus proche serait \u00e0 plus de 200 kilom\u00e8tres, et les routes ne permettraient de toute fa\u00e7on aucun remorquage. Alors que je roule depuis presque une heure trente, je croise un autostoppeur sur le bord de la route. C&#8217;est un local qui travaille \u00e0 la r\u00e9fection de la route; en voila un qui n&#8217;a pas de souci \u00e0 se faire pour son boulot, son avenir professionnel est assur\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 sa mort. Nous entamons la discussion dans un m\u00e9lange d&#8217;anglais\/qu\u00e9chua\/fran\u00e7ais int\u00e9ressant. M\u00eame si je ne comprends pas tout ce qu&#8217;il me dit, parler avec lui permet de d\u00e9tourner mon attention des g\u00e9missements que pousse la voiture.<br \/><br \/>A mi-chemin au sommet d&#8217;une colline, nous sommes arr\u00eat\u00e9s par des barri\u00e8res. Mon autostoppeur m&#8217;explique que du fait de la r\u00e9fection de la route, une circulation altern\u00e9e est en place. 5 minutes passent, puis 10, puis 30&#8230; nous sommes toujours arr\u00eat\u00e9s. Derri\u00e8re nous, la file des v\u00e9hicules commence \u00e0 \u00eatre longue avec en vrac bus, camions et 4&#215;4. \u00a0Les chauffeurs descendent les uns apr\u00e8s les autres de leur v\u00e9hicule. Ils grignotent des haricots secs, puis sortent des bouteilles d&#8217;alcool local, le m\u00eame que celui que les mineurs de Potossi buvaient: un alcool \u00e0 usage m\u00e9dical \u00e0 qui titre 96% et dont ils enchainent des verres cul sec (<a title=\"Aujourd\u2019hui j\u2019ai vu l\u2019enfer\u2026\" href=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/?p=4174\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">cf article sur les mines de Potosi ici<\/a>). Une heure plus tard, nous sommes toujours l\u00e0, alors que le jour commence \u00e0 s&#8217;assombrir.<br \/><br \/>Alors que je perds patience, l&#8217;un des alcoolis\u00e9 s&#8217;approche de la voiture. C&#8217;est un gros \u00e9dent\u00e9 qui a un rire bien gras qui ne m&#8217;inspire pas confiance. Il entre la moiti\u00e9 de son torse dans la voiture et entame la conversation tandis que mon autostoppeur ne semble pas rassur\u00e9. De mon cot\u00e9, j&#8217;essaie d&#8217;\u00eatre compr\u00e9hensif au d\u00e9but, et puis alors qu&#8217;il commence \u00e0 faire l&#8217;inventaire de la voiture et \u00e0 essayer d&#8217;attraper des trucs dans l&#8217;habitacle, je m&#8217;\u00e9nerve s\u00e9rieusement. Une partie de la sc\u00e8ne a \u00e9t\u00e9 film\u00e9e et est assez amusante lorsque j&#8217;y repense avec le recul. je l&#8217;ajouterai \u00e0 cet article d\u00e8s que je trouve 5 minutes pour la monter, promis&#8230;<br \/>\u00a0<br \/>VIDEO &#8211; TO BE ADDED SOON<br \/>\u00a0<br \/>Pour ajouter \u00e0 l&#8217;inqui\u00e9tude des bruits que fait la voiture, \u00e0 l&#8217;\u00e9nervement d&#8217;\u00eatre coinc\u00e9 ici depuis une heure, et l&#8217;incertitude d&#8217;o\u00f9 je viens pouvoir passer la nuit, je d\u00e9couvre que le coin n&#8217;est pas des plus surs. Mon autostoppeur m&#8217;explique que quelques semaines plus t\u00f4t des promeneurs ont \u00e9t\u00e9 pendus&#8230; super ambiance. La route rouvre finalement. Je parcours quelques dizaine de kilom\u00e8tres avant de me s\u00e9parer de mon autostoppeur. Il fait de plus en plus sombre et je r\u00e9alise qu&#8217;il va falloir que je passe la nuit quelque part dans le coin car j&#8217;ai encore plus de 200 bornes \u00e0 faire, avec une moyenne fulgurante de 30 km\/h.<br \/><br \/>Je roule encore une heure en pleine nuit pour finalement arriver en face d&#8217;un ruisseau dont le niveau d&#8217;eau est \u00e9lev\u00e9. Pas question de le traverser en pleine nuit au risque de me planter en pleine brousse. Coup de chance pour moi, je rep\u00e8re une petite terrasse accessible facilement et un peu en amont de la route. Je m&#8217;installe avec pour l&#8217;une des premi\u00e8re fois depuis que je campe en Am\u00e9rique du Sud une petite appr\u00e9hension et sans \u00eatre totalement rassur\u00e9. Je d\u00e9cide de ne pas profiter du confort du luxueux coffre de la Ch\u00e9rie Moya et de seulement abaisser l\u00e9g\u00e8rement le si\u00e8ge conducteur pour pouvoir r\u00e9agir plus rapidement en cas de probl\u00e8me.<br \/><br \/>Je suis depuis fort longtemps convaincu de l&#8217;existence de la loi de Murphy, cette fameuse loi dit de l&#8217;emmerdement maximale: \u00e9videmment cette nuit, je confirme toute son bienfond\u00e9. Alors que je m&#8217;assoupis, un violent orage \u00e9clate. Le ciel est illumin\u00e9 par des gigantesques \u00e9clairs qui donne un aspect mal\u00e9fique aux arbres qui borde la route, tandis que les coups de tonnerre qui suivent viennent compl\u00e9ter les effets pyrotechniques. Comme si cela ne suffisait pas, la foudre s&#8217;abat \u00e0 deux reprises \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres de la Ch\u00e9rie Moya. Cart\u00e9sien de nature, je relativise le risque de foudroiement: voiture = cage de Farradet, cf cours de physique de coll\u00e8ge; je r\u00e9alise par contre que je me trouve en contre bas d&#8217;un pan de pierre qui ne parait pas particuli\u00e8rement stable. Manquerait plus que je me retrouve emporter par un glissement de terrain&#8230;<br \/><br \/>Je sors sous la pluie pour v\u00e9rifier le risque, d\u00e9place la voiture de quelques m\u00e8tres et finis par m&#8217;en remettre au Tout Puissant. La pluie finit par s&#8217;arr\u00eater quelques dizaines de minutes plus tard et je d\u00e9cide de m&#8217;enfoncer dans mon duvet en acceptant mon sort&#8230; pas trop le choix de toute fa\u00e7on. Je d\u00e9cide en revanche \u00a0de d\u00e9coller le lendemain matin t\u00f4t: l&#8217;alarme de l&#8217;ipad est r\u00e9gl\u00e9e \u00e0 6am.<br \/><br \/>La nuit est courte et \u00e0 5h55, ce n&#8217;est pas ma tablette mais mon horloge biologique qui me r\u00e9veille. Pas le temps de faire un caf\u00e9 ni m\u00eame de d\u00e9jeuner, je veux partir d&#8217;ici le plus vite possible. Je mets le contact et en guise de petit d\u00e9j., je traverse le ruisseau qui m&#8217;avait arr\u00eater dans ma course la veille. L&#8217;eau arrive \u00e0 presque 60 centim\u00e8tres de haut et passe largement au dessus du capot; \u00e7a fume, la vapeur d&#8217;eau s&#8217;\u00e9chappe du devant et du dessous de la voiture mais la Ch\u00e9rie Moya ne bronche pas. De l\u00e0 s&#8217;engage une longue journ\u00e9e: \u00a0je roule, roule et roule encore. Le compteur kilom\u00e9trique tourne: 20, 60, 100 kilom\u00e8tres. J&#8217;arrive enfin \u00e0 une intersection o\u00f9 un paysan emmitoufl\u00e9 dans son pancho en alpaga m&#8217;indique que la branche de droite rejoint une route asphalt\u00e9e dans&#8230; une centaine de kilom\u00e8tres. Un coup d&#8217;oeil sur la carte, un interrogatoire approfondi de mon local pour voir s&#8217;il blague ou non et je d\u00e9cide finalement de le croire. Les paysages sont superbes et l&#8217;orage de la nuit pass\u00e9e a lav\u00e9 le ciel.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4246\" aria-describedby=\"caption-attachment-4246\" style=\"width: 750px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"   wp-image-4246 size-large\" title=\"article_test\" src=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/article_test-1024x640.jpg\" alt=\"\" width=\"750\" height=\"469\" srcset=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/article_test-1024x640.jpg 1024w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/article_test-300x188.jpg 300w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/article_test-768x480.jpg 768w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/article_test.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4246\" class=\"wp-caption-text\">superbes paysages andins que je ne prends pas trop le temps d&#8217;appr\u00e9cier<\/figcaption><\/figure>\n<p><br \/>Je ne prends malheureusement pas trop le temps d&#8217;en profiter car mon objectif est de sortir de cette piste merdique le plus vite possible. Alors que je roule depuis 4 heures et que je n&#8217;ai fait que 100 kilom\u00e8tres, je traverse un village o\u00f9 plusieurs personnes \u00f9&#8217;arr\u00eatent pur me demander de les prendre en stop. &#8220;What goes around comes around&#8221;, je prends le seul autostoppeur qui est seul (au d\u00e9part ils insistaient pour que je prenne les six personnes dans la voiture, je vous laisse imaginer la sc\u00e8ne sachant que j&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 sur le si\u00e8ge arri\u00e8re deux pneus que je trimballe depuis&#8230; la Patagonie).<br \/>Mon autostoppeur me confirme que la piste rejoint la route asphalt\u00e9e qui rejoint Potossi \u00e0 La Paz. Il ne sait pas combien de kilom\u00e8tres nous s\u00e9pare du bitume salvateur, mais il me dit qu&#8217;il y a plus de 6 heures de route. Je m&#8217;\u00e9tonne un peu sachant qu&#8217;il y a normalement moins de 100 kilom\u00e8tres, mais je sais aussi qu&#8217;en Bolivie, tout est possible. Il m&#8217;explique qu&#8217;il travaille comme ouvrier du b\u00e2timent \u00e0 Potossi et qu&#8217;il rentre une fois par mois voir sa grande famille, de dix enfants&#8230; Voil\u00e0 ce qui arrive lorsque l&#8217;on a pas la t\u00e9l\u00e9 \ud83d\ude09<\/p>\n<figure id=\"attachment_4236\" aria-describedby=\"caption-attachment-4236\" style=\"width: 750px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"   wp-image-4236 size-large\" title=\"IMG_3498_test\" src=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/IMG_3498_test1-1024x640.jpg\" alt=\"\" width=\"750\" height=\"469\" srcset=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/IMG_3498_test1-1024x640.jpg 1024w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/IMG_3498_test1-300x188.jpg 300w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/IMG_3498_test1-768x480.jpg 768w, https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/IMG_3498_test1.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4236\" class=\"wp-caption-text\">2 jours, 600 kilom\u00e8tres et 1 belle gal\u00e8re, content d&#8217;arriver enfin<\/figcaption><\/figure>\n<p><br \/>3 heures plus tard, et apr\u00e8s avoir vu un mini bus se renverser apr\u00e8s avoir fait un magnifique d\u00e9rapage sur un sentier boueux, j&#8217;arrive enfin \u00e0 la route asphalt\u00e9e dont je r\u00eave depuis plus de 24 heures. Je d\u00e9pose mon austoppeur qui va dans la direction oppos\u00e9e, et je me mets \u00e0 appr\u00e9cier chacun des 300km restant qui m&#8217;am\u00e8ne jusqu&#8217;\u00e0 La Paz via une vraie route. Petite anecdote, je rencontre aussi en chemin les seuls policiers boliviens \u00e9quip\u00e9s d&#8217;un radar mobile: \u00e9videmment je suis \u00e0 130km\/h sur une route limit\u00e9e \u00e0 80km\/h, et \u00e9videmment ils m&#8217;arr\u00eatent et me demandent de m&#8217;acquitter d&#8217;une amende de 60 dollars. Une heure et demi \u00e0 faire l&#8217;imb\u00e9cile qui ne comprend rien, et apr\u00e8s qu&#8217;ils aient appel\u00e9 leur chef trois fois pour savoir quoi faire de moi, ils finissent par me laisser repartir d\u00e9piter d&#8217;avoir \u00e0 faire \u00e0 un \u00e9tranger aussi idiot. Ca a parfois du bon de passer pour un con.<br \/>J&#8217;entre dans la capitale bolivienne heureux, mais ext\u00e9nu\u00e9. Heureusement, une guide que j&#8217;avais rencontr\u00e9e au beau milieu du salar de Uyuni doit m&#8217;h\u00e9berger sur place (<a title=\"Travers\u00e9e le salar de Uyuni en solo: Yes we can!\" href=\"https:\/\/www.lespassengers.com\/?p=4084\">ici pour le\u00a0rappel sur ma rencontre avec elle au salar de Uyuni<\/a>). Un peu de repos en perspective et un peu de temps aussi pour tirer au clair la source des bruits \u00e9tranges que fait la voiture&#8230;<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-rich is-provider-flickr wp-block-embed-flickr\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<a data-flickr-embed='true' href='https:\/\/www.flickr.com\/photos\/lespassengers\/albums\/72157629862474945' title='Sucre, Bolivia by lespassengers, on Flickr'><img src='https:\/\/live.staticflickr.com\/7180\/7096964467_b3817df4cb_c.jpg' width='800' height='600' alt='IMG_3470_test'><\/a><script async src='https:\/\/embedr.flickr.com\/assets\/client-code.js' charset='utf-8'><\/script>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 4 jours \u00e0 Potossi, l&#8217;ambiance de la ville, sa haute altitude et surtout la visite de &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4246,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[22,125,151,154,189,210,225],"tags":[],"class_list":["post-4090","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bolivie","category-misc","category-party","category-pelle-mele","category-sucre","category-tuile","category-video"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.lespassengers.com\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/article_test.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4090","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4090"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4090\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7766,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4090\/revisions\/7766"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4246"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4090"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4090"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lespassengers.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4090"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}